Le prix de la sardine, le poisson le plus consommé par les habitants en raison notamment de son prix abordable en comparaison à d’autres espèces, connaît une baisse significative ces derniers temps. En deux semaines, il est passé de 300 à 150 DA voire moins
Selon certains poissonniers ,la cause de cette baisse reviendrait au beau temps, les pêcheurs faisant plus de sorties donc pêchent beaucoup plus de poissons. Pour d’autres, cela serait plutôt dû à la canicule : les poissonniers ne pouvant conserver plus d’une journée leur marchandise dans de bonnes conditions d’hygiène, préfèrent la vendre à bas prix plutôt que de la jeter.
Loin de se laisser impressionner, les responsables de l’antenne de pêche du port de Béjaia trouvent plutôt que les prix sont encore trop élevés. Parce que durant la période qui va du 1er mai au 1er septembre, les chalutiers, les bateaux de pêche qui raclent le fond de la mer, sont au repos pour permettre aux poissons de se reproduire et seuls les sardiniers et les petits métiers sont en action. Et comme la mer est calme et l’eau claire durant les mois de mai et de juin, la sardine, explique les responsables de l’antenne de pêche, pour se nourrir, quitte les fonds marins pour chercher la flore marine qui devient alors visible. Et c’est ce qui permet aux bateaux spécialisés dans la pêche de la sardine de faire de bonnes « récoltes » et de vendre leur poisson moins cher. Si ce n’était les frais engagés comme le mazout et les pièces détachées, le prix de la sardine aurait été encore beaucoup moins cher.
Fraude à l’ammoniac
De leurs côtés, les consommateurs expriment leur satisfaction d’abord pour le prix devenu subitement abordable et surtout pour la qualité du poisson. Ils soulignent que celui-ci est frais et sent véritablement la sardine qu’ils aiment consommer frite ou accommodée suivant les différentes recettes dont ils ont le secret comme en boulettes ou « chorba el hout ». Des ménagères rencontrées à l’étal du poissonnier font remarquer que cela fait belle lurette qu’elles ont perdu l’odeur de la vraie sardine de Béjaia. Le vendeur, les doigts couverts d’écailles, précise que le poisson qui sent mauvais, c’est celui que les grossistes ramènent des autres ports de pêche de l’Est ou de l’Ouest. Les grossistes, atteste le vendeur, lui mettent de l’ammoniac pour qu’il conserve son bleu et donne l’impression d’une certaine fraîcheur.
Les responsables de l’antenne de pêche à qui l’astuce a été rapportée, déclarent que cette pratique est condamnable, mais pour sanctionner, il faut avoir des preuves solides, comme surprendre le contrevenant la main dans le sac et pas se contenter de simples préemptions.
B. Mouhoub

