Une première – Soutenance de magistère exclusivement en tamazight

Le département de langue et culture amazighes de l’université de Béjaia peut s’enorgueillir d’avoir donné le top, jeudi dernier, à la langue pour une soutenance de magistère exclusivement en tamazight.

Le mérite revient à l’élève Mouhand Ou Ramtane Ighit déterminé à apprivoiser Tussna (la science) et l’amazighiser, avant de soumettre son sujet de mémoire, « Etude terminologique du lexique agricole kabyle », à l’appréciation des docteurs Allaoua Rabehi, Mohand Akli Salhi, Imarazene, Amaoui Mahmoud et du professeur Bouamara. Ces derniers, et d’autres invités à la soutenance, s’attendaient, peut- être, à ce que Mouhand Ou Ramtane « défende » son mémoire en « langue nationale et officielle, c’est-à-dire le français », comme le soulignera, sur fond d’humour british, un ami de Béjaia.

Cette première, depuis l’ouverture des départements de langue et culture, à Béjaia, Tizi Ouzou et, récemment, à Bouira, ne manquera pas de faire des émules parmi les partisans du moindre effort accrochés aux jupons « sécurisant des deux langues officielles ». En tout cas, la prestation de Ou Remtane est la preuve, s’il en faut, que pour peu que nos étudiants et leurs enseignants digèrent que tamazight, rien que tamazight et leur domaine de prédilection, les soutenances à venir participeraient, et d’une manière efficace, à l’autonomisation de tamazight et sa guérison du complexe d’une langue minorée et minoritaire.

Salas. O. A