A la lecture de l’article annonçant le statut de langue officielle pour la langue Amazigh dans le projet de constitution annoncé par le roi du Maroc, je constate que le texte introduit assez clairement une ambiguïté en ce sens que ce statut sera tributaire d’une loi qui annonce d’emblée les limites institutionnelles qui seront fixées à cette langue. Le sens contextuel du terme « patrimoine » dévoile à lui seul cette sourdine quant à infliger à la langue Amazigh un statut officiel mais relatif et inférieur à celui accordé à la langue arabe. Sa fonction réelle de langue officielle est ainsi reportée sur un terme (temps) non fixé. Le texte est donc, de mon avis, très vicieux et il faut s’attendre à une feinte/surprise dans ce pays où la population berbérophone est, de loin, la plus majoritaire.
Abdennour Abdesselam
