Depuis deux semaines, un groupe de jeunes de Saharidj prend chaque jour la route en direction du sommet de Tamgout, à 2 308 m d’altitude.
Une véritable ruée déclenchée par le premier groupe qui a bravé tous les dangers qui s’avèrent par la suite purement imaginaires après que nos amateurs de sensations fortes aient passé la nuit du lundi a mardi de la 2e semaine du mois de juin, au sommet après une escalade des plus exaltantes en narguant durant cette nuit leurs camarades hésitants, par des signaux lumineux à base de torches électriques. Bien mieux, tout comme les alpinistes de l’Everest ou de l’Annapurna, ils ont planté solidement immédiatement après leur arrivée, deux grands drapeaux l’un national et l’autre aux couleurs et sigle d’Imazighen visibles à la jumelle à partir de Saharidj, d’autres racontent qu’ils ont pu les observer flotter à partir de Tizi-Ouzou, toujours à l’aide de jumelle. Bien entendu les initiateurs de cette randonnée dont rêve n’importe quel jeune de la région de M’Chedallah. Akli Saïd diplômé en tourisme (guide) et Ouarab Fahem, sportif, nous déclarent être inspirés par le projet de Zone d’Extension Touristique (ZET) de Tala Rana dont l’étude est en voie d’achèvement et dont le but est de démontrer aux autorités la formidable attirance et le charme qu’exerce ce sommet sur la population tant autochtone que les estivants venus des autres régions et son considérable apport sur le volet touristique et pour enfin exhorter en finalité les pouvoirs publics à entamer dans les meilleurs délais les travaux d’aménagement de ce site touristique. Un projet qui tient en haleine la population locale qui suit de près son évolution. Notre but aussi, s’exclament ces deux jeunes, est de balayer toute appréhension pouvant servir d’alibi pour abandonner ce projet tel que le volet sécuritaire, en provoquant ce défilé ininterrompu de jeunes qui s’y rendent et reviennent sans qu’ils ne soient inquiétés d’aucune manière que ce soit, ni faire de mauvaises rencontres. Un état d’esprit qui donne libre cours à l’imagination et au rêve, telle que la faisabilité d’un télé siége entre Tala Rana et Tamgout, une distance d’a peine 2 Km à vol d’oiseau. Ces jeunes vont jusqu’à proposer et souhaiter une station relais a Imghouzen (dernier point d’eau) à mi-chemin entre le sommet et le point de départ. D’autres voient grand en proposant une rallonge de ce système téléphérique jusqu’au chef-lieu de la commune de Saharidj, (3 km environ à vol d’oiseau). S’il y a bien une conclusion à tirer des propos et de l’ardeur affichée de cette jeunesse qui ne demande qu’a disposer comme tous les jeunes du monde de lieux de distraction et de loisir, c’est leur détermination à ne pas lâcher prise jusqu’à concrétisation de ce projet de ZET Tala Rana, des jeunes qui entendent peser de tout leur poids sur le cours des choses de façon à ce que les travaux soient entamés et menés rapidement à terme et que le rêve de toute une région soit enfin réalisé. En attendant, chaque village, chaque quartier de la commune de Saharidj entend prendre part à cette opération de récupération de terrain aux hordes sanguinaires, en s’attelant chacun à dégager ses volontaires pour aller planter des drapeaux au sommet de Tamgout. Un procédé qui souligne de la plus claire manière, la prise de conscience de la population quant à l’apport touristique, culturel et par ricochet économique de ces lieux paradisiaques. Une population qui juge le moment venu de valoriser tous ces rares trésors que dame nature offre gracieusement et qui peuvent à eux seuls sortir cette commune de l’anonymat et la propulser dans la voie du développement, pour peu que l’on procède à quelques aménagements qui ne nécessitent pas de grands moyens financiers.
Oulaid Soualah

