L’hypertension, un mal national

Vous en avez certainement vu, dans les bus, dans les restaurants, dans les établissements scolaires, dans les jardins publics ou tout simplement, dans la rue: ils s’arrêtent, tirent un comprimé de la poche et l’avalent avec un peu d’eau. Ils, ce sont les hypertendus, vous en avez certainement dans votre entourage et peut-être même en faites vous partie ! D’après les résultats d’une enquête nationale, diffusés au 4ème congrès sur l’hypertension, organisé récemment par la Société algérienne d’hypertension artérielle, 35% des Algériens sont atteints par cette maladie, redoutable par ses complications. 35%, c’est huit millions de personnes, et on ne compte dans le lot les malades qui s’ignorent et qui ne sont donc pas traités. Et la maladie qui atteint de plus en plus de jeunes sujets augmente avec l’âge puisque selon les estimations, après 55 ans, un Algérien sur deux en serait atteint. Des chiffres effarants, appelés à augmenter si les autorités sanitaires ne prennent pas des mesures, en matière de dépistage, de soins, et de prévention. A la source de l’hypertension, les spécialistes invoquent de nombreux facteurs comme l’alimentation trop riche en graisse et trop pauvre en légumes, l’absence d’activité physique, le tabagisme le diabète, le surmenage… Mais, on oublie d’évoquer un facteur important, voire explicatif de cette montée en flèche de l’hypertension : le stress, causé par des années de terrorisme, de peur et d’angoisse. Beaucoup de malades, eux, en sont conscients et évoquent ces années où ils se déplaçaient, la peur au ventre ou tremblaient pour des proches que l’on savait menacés. On ne finit pas de découvrir toute l’ampleur des dégâts causés par la bête immonde !

S. Aït Larba