“Cette grève est un mépris manifeste envers nos ressortissants’’

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Mercredi dernier, vers les coups de 16h30, le ministre des Transports M. Amar Tou était en visite dans la wilaya de Bouira afin d’inaugurer solennellement la nouvelle gare routière de la wilaya.

Le 1er responsable du secteur des transports était visiblement très préoccupé par la zone de turbulences que traverse Air Algérie. Preuve en était son arrivée à la gare routière, le ministre était pendu à son téléphone, au point qu’il grilla la politesse à la jeune fille qui l’attendait avec un bouquet de fleurs, et filera tout droit vers un endroit isolé afin de terminer sa conversation, qui était selon toute vraisemblance de haute importance. Par la suite, M. Tou refera son entrée en respectant les protocoles d’usages, et pour se faire ‘’pardonner’’, prendra chaleureusement la fillette dans ses bras. Au cours de sa visite éclair qui a duré près de 45 minutes seulement, le premier responsable du secteur des transports du pays, était peu loquace consternant le mouvement de grogne au sein de la compagnie nationale d’aviation civile et ne fera que bouter en touche les incessantes questions des journalistes sur le sujet. Quelques minutes et sms plus tard… La langue du ministre se déliera soudainement : « Cette grève est inappropriée, car elle a été déclenchée dans une période très sensible. Comme vous le savez, nos ressortissants qui sont à l’étranger, ne rêvent que d’une seule chose, rejoindre la mère patrie. Cependant, ce mouvement de protestation les en empêche. Pis encore, ces grévistes d’Air Algérie prennent en otages nos ressortissants. Je trouve cela inadmissible ! ». Répondant à une question relative à l’implication de la tutelle, dont il est le chef, M. Tou signalera : «La tutelle ne mettra pas la main à la poche ! Air Algérie est une entreprise autonome à un certain niveau, de ce fait, elle doit s’assumer pleinement. Les grévistes demandent une revalorisation salariale de 100%, la direction d’Air Algérie tablerait sur une hausse de 20%. Des discussions sont en cours, laissons-les s’entretenir et négocier et on verra bien ce qui va en ressortir. Le plus important est que les portes du dialogue demeurent ouvertes à tous». Soudainement le ministre s’excusera pour répondre à un appel urgent, quelques instants plus tard, il annoncera que des vols ont été affrétés afin de rapatrier nos compatriotes de l’aéroport d’Orly. Après cette annonce, le ministre maintiendra la pression sur les travailleurs grévistes en déclarant : «Toutefois, je tiens à dire que cette grève est illégale est injuste. Prendre nos frères et sœurs en otage sur des sols étrangers, est un acte grave !».

Ramdane B.

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