La troisième édition du Festival de Djoua est arrivée à sa fin tôt dans la matinée d’avant-hier, après une semaine d’animation qui a fait vibrer les sites réservés à cette manifestation culturelle et économique.
Cette soirée de clôture était un peu particulière du fait que les organisateurs la veulent une occasion de rendre hommage à l’un des piliers de la chanson et de la poésie kabyle, Slimane Azem, en l’occurence. Pour être à la hauteur de l’événement, une pléiade d’artistes kabyles, et non des moindres, à l’image de Kamel Hammadi, Slimane Chabi et Boudjemaa Agraw, sont programmés pour cette dernière soirée en plein air et sur les crêtes des montagnes surplombant la baie de Béjaïa et les plaines d’Aboudaou. Alors que des foules venant de plusieurs coins de la wilaya n’ont cessé de converger vers le site réservé aux soirées artistiques, le gala n’a commencé que tard dans la nuit, plus exactement vers minuit avec un groupe marocain berbère qui a fait vibrer la scène avec des rythmes typiques du Rif de ce pays du maghreb. Auparavant, il faut signaler que des artistes de renom sont venus jusqu’à ces montagnes pour chanter au public de Djoua. A l’ouverture du festival le 16 du mois en cours, ce fut Ouazib Mohand qui a bercé ces montagnes par ses chants mélodieux, suivi le lendemain par une pianiste Suisse Rabecca Chaillot, du groupe algérois Caméléon et du groupe Colombien Rocoveco.
Bien sûr, parmi les soirées ayant marqué ce festival, il y’avait celles animées par Akli D, Kaci Boussad, Akli Yahiatene et le célèbre chanteur du style Gnawi Amazigh Kateb qui a drainé un grand public, c’était lors de la troisième journée du Festival. Pour permettre au grand public de venir prendre l’air frais sur ces montagnes majestueux et goûter aux différents styles musicaux programmés au menu de ces soirées de Djoua, les organisateurs n’ont laissé aucun détail pour faciliter l’accès au site et surtout assurer la sécurité des visiteurs. Pour ce dernier point, il n’y a rien à dire puisque de l’avis de tout le monde, ce que l’on a d’ailleurs constaté sur place lors de la dernière soirée, tout est impeccable soit au sein du site ou bien le long des routes y menant. En plus de la gendarmerie déployée à tout coin de cette montagne sur un périmètre de plusieurs kilomètres, les organisateurs ont pour leur part mobilisés quelque 500 agents assurant les tâches de guides, de sécurités et d’accueil. L’éclairage est efficace aussi bien au niveau de la scène artistique que sur le site réservé à la foire économique.
Avec une vue panoramique de nuit sur la mer, la ville des Hammadites et une partie sur la vallée de la Soummam depuis cette montagne qui fait face au mont de Gouraya, des visiteurs n’ont pas manqué de manifester leur joie à découvrir tous les charmes de la ville de Béjaïa.
Nombreux sont ceux qui viennent en famille et presque chaque soir, surtout ceux possédant des véhicules. Ce sont surtout de jeunes estivants d’autres wilayas préférant passer des moments nocturnes sur ces hauteurs montagneuses à contempler les lumières jaillissant des bateaux accostés en mer et les mille couleurs provenant des battisses de la ville de Bgayet, qui apparaît la nuit tout prêt d’ici. Natalia et Katrina, deux jeunes étudiantes Congolaises à l’université de Blida étaient éblouies par ce site paradisiaque. Elles ont découvert pour la circonstance la variété de la musique de chez nous. Au niveau du carré réservé à l’animation économique où l’on peut voir pousser comme des champignons des dizaines de tentes des différents stands aux nombreux participants nationaux et étrangers, l’animation est à son comble. Ici, le point culminant de la montagne, la vue est dominante sur la partie littorale de la ville de Béjaïa et l’air est plus frais jusqu’à donner des frissons.
On peut acheter des boissons fraîches, de quoi manger et aussi des bijoux et habits traditionnels du Sénégal, que les femmes de ce pays du Sahel proposent avec fierté. Dans ce brouhaha, les visiteurs essayent de profiter des baisses des prix en cette dernière soirée. Enfin, il faut souligner que cette édition a failli être annulée suite au problème de quelques propriétaires de terrain ou se sont tenues les éditions précédentes sur le vrai mont de Djoua. Le festival est sauvé in extremis en préférant délocaliser le site vers une autre montagne qui fait face à la prestigieuse Djoua. De moindre altitude que la première, ce mont, qui a sauvé le festival de Djoua d’une annulation pure et simple, nommé ‘’Aqintoch’’ est fortement boisé mais aussi d’un relief facilitant l’organisation de ce genre de manifestation, capable de donner un essor au développement économique montagneux. En dépit des préparations accélérés et urgentes pour ne pas rater le rendez vous, l’on a constaté quelques failles surtout dans l’organisation des soirées artistiques. Pour se racheter, les organisateurs promettent dores et déjà une prochaine édition encore plus grandiose.
Nadir Touati

