Tizi-Ouzou Ils ont dû écourter leurs vacances à cause du Ramadhan – Quand les émigrés boudent le pays

La saison estivale 2011 aura été marquée par l’absence remarquée des émigrés. D’aucuns ne pourront nier que l’été est synonyme de l’arrivée en masse des vacanciers.

Des étrangers en provenance d’autres cieux viennent découvrir le paysage algérien qui attire les curieux et autres amoureux de la nature. Et parmi ces vacanciers, on retrouve aussi les ressortissants algériens qui n’hésitent pas à plier bagages à destination de l’Algérie dès que la saison estivale annonce la couleur. Cependant, cette année, parce que le mois de Ramadhan s’est manifesté en plein été les émigrés semblent être les premiers à bouder le pays. C’est ainsi que la Kabylie, qui accueille chaque année, des milliers d’estivants en quête de bien-être, a été plus au mois désertée, notamment au cours de ce mois d’août connu auparavant pour être la période de l’année pendant laquelle une vague impressionnante d’émigrés déferle sur la région. Pour les plus chanceux d’entre eux, faire une escale de quelques jours seulement, afin de ne pas déroger à la règle de se ressourcer en visitant la destination du cœur par excellence. Ecourtant ainsi leur séjour juste le temps de se revigorer, rendre visite à la famille et aux amis restés au pays, visiter la région et découvrir ces nombreux et magnifiques sites qu’on ne se lasse jamais d’admirer, ou encore faire des emplettes en prévision du retour. Certains d’entre eux se sont donc contentés d’une courte escale, préférant ainsi décaler leurs vacances à une autre date. Et pour cause, le mois de Ramadhan qui a coïncidé avec le mois d’août, est curieusement devenu un mois synonyme de fainéantise et de claustration. Les Algériens semblent oublier que même en plein jeûne, les sorties, balades et autres virées en mer ne sont pas bannies. De par la variété de ses richesses naturelles qu’elle offre aux visiteurs, la wilaya de Tizi-Ouzou a toujours été considérée comme une région aux nombreuses opportunités touristiques, de par son potentiel naturel très riche qui associe tourisme culturel, balnéaire et montagneux. Il faut par ailleurs, dire que la wilaya, à part les quelques soirées animées, n’offre pas beaucoup de loisirs, et laisse les citoyens à leur propre imagination en termes de divertissement. Par ailleurs, nombre d’entre eux ont reporté à une date ultérieure leurs vacances, pour ne pas dire qu’ils les ont définitivement annulées. «J’ai mes deux frères en France, en plus de mes cousins. Il ne se passe pas un été sans qu’ils rentrent au pays. Cette fois-ci, ils se sont mis d’accord pour remettre ça aux vacances d’hiver», nous déclare une jeune fille du centre-ville. Un propriétaire d’un magasin spécialisé dans la vente des objets- souvenirs, a lui aussi remarqué l’absence des émigrés. «Cette année, je n’ai pas reçu beaucoup de visites des émigrés venus faire leurs achats. J’ai bien remarqué qu’ils ne sont pas venus en nombre cette année, contrairement aux années précédentes, où pendant cette période de l’année mon magasin grouille de ressortissants», nous avouera-t-il. D’autres par contre, moins nombreux, ont tenu à ne pas changer leur habitude de venir passer le mois de Ramadhan et observer le jeûne au pays. Un couple d’émigrés natifs d’Azazga, résidant dans la région parisienne, en est la preuve. Rencontré au niveau du marché couvert de Tizi-Ouzou, il semblait plutôt bien s’adapter au nouveau rythme qui s’installe pendant le mois de ramadhan. «Nous sommes ici depuis le 17 juillet. Nos deux enfants sont repartis après seulement dix jours. Ils ne pensaient pas être capable de jeûner en cette canicule qui sévit à Tizi Ouzou. Mais nous, nous avons tenu à rester. L’ambiance du mois de Ramadhan nous manque. En plus de cela, nous n’avons pas encore eu le temps de nous reposer vraiment et de rendre visite à tous les parents et les amis», clamera la jeune femme. Il faut dire aussi que la grève observée par le personnel navigant d’Air Algérie, a chamboulé tous les projets de voyage et de déplacement des ressortissants. Le débrayage survenu à la mi-juillet, en pleine période de départ en vacances, a paralysé l’aéroport et a fait suspendre plusieurs vols. Une situation qui a perduré quatre jours, durant lesquels des voyages ont été reportés. Ce qui est sûr, c’est que cette année, beaucoup d’émigrés n’ont pas trouvé utile de se déplacer et venir au pays pour une saison estivale bien trop courte à leurs yeux.

T. Ch.