Par Anouar Rouchi
Bonjour docteur. Je suis journaliste au Midi à 14 h et je souhaite vous poser quelques questions en rapport avec le référendum d’aujourd’hui.- Bonjour, je vous écoute.- Avec votre permission, je commencerai par une question qui fâche…- Ne vous gênez pas. De toute façon, toutes les questions fâchent lorsqu’on est en panne d’arguments.- Très bien. Je voudrais donc vous demander si vous-même et votre frère-ennemi Hocine ne confondez pas un petit peu les concepts. La démocratie, c’est l’alternance par le vote. Or, tous les deux, depuis 1990, vous avez régulièrement pratiqué l’alternance au vote. Comment expliquez-vous cela ?- La Kabylie est bien trop petite pour nous deux. Aussi, lorsque l’un se présente, l’autre s’éclipse. C’est une règle tacite.- Cette règle, vous l’avez néanmoins violée parfois. Cela a été le cas aux législatives et aux élections locales de 1997…- Vous savez, comme la nature, la politique a ses mystères. Même le soleil et la lune finissent par se rencontrer. Observez le ciel ce 3 octobre et vous comprendrez.- Vous n’allez tout de même pas vous prendre pour des planètes ?- Si. En quelque sorte, nous sommes des astres. Sauf que l’un — moi ! — apporte la lumière à la Kabylie et l’autre — lui ! — veut la couvrir du manteau noir de l’obscurité. Encore une fois, observez le ciel ce 3 octobre. – Revenons au référendum sur la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Là aussi, Hocine et vous êtes sur la même position. Etrange, non ?- Par définition, un référendum ne met pas de sièges en jeu. Aussi, peut-on se permettre des coquetteries… – Plus sérieusement, pouvez-vous expliquer à nos lecteurs les raisons de votre hostilité à cette charte ? – Le problème, ce n’est pas la charte. C’est son promoteur. Je le connais assez pour savoir qu’il est incapable de produire quoi que ce soit de positif pour le pays; Pour ne rien vous cacher, la charte je l’ai lue en diagonale.- Vous estimez sans doute que le texte est pro-islamiste ? – Même pas. Si c’était le cas, Hocine l’adopterait. Mon seul problème, c’est que ça vient de Bouteflika.- Vous assumez donc votre statut de TSB ?- C’est quoi cette histoire ?- TSB signifie Tout sauf Bouteflika.- Ah ! Oui, oui. Bien sûr…- Poussons alors le raisonnement jusqu’à l’absurde. Imaginez que dans les mois ou les semaines à venir, le président Bouteflika soumette sa démission à référendum. Quelle serait votre attitude ?- Je vois que votre journal porte bien son nom. Ça, c’est une vraie question-piège. Mais je vous répondrai tout de même. Eh bien, je m’informerais. Si je constate que sa démission ne relève que de sa seule volonté, je vote NON !- Bravo ! Ça, ça s’appelle être conséquent avec soi-même ! Merci docteur.- Au revoir !
A. R
