Un taux très minime

Une semaine après la deuxième session organisée mardi dernier à l’intention des élèves recalés en juin, les résultats ont finalement été affichés. A Draâ El-Mizan, six cent quatre-vingt-dix-neuf candidats ont été inscrits pour cet examen qui s’est déroulé dans trois centres : CEM frères Harchaoui (222 dont 14 absents), EF Nouvelle (320 dont 13 absents) et Ath Yahia Moussa (157 dont 3 absents). Les épreuves qui ont eu lieu dans les mêmes conditions que celles de la première session n’ont pas vraiment changé le taux de réussite. Selon les chiffres que nous avons pu avoir, le taux d’admission réel n’a atteint que 10%. Au total, pour toute la daïra, seuls trente neuf élèves ont réussi à décrocher le ticket pour la première année moyenne, c’est-à-dire admis avec une moyenne de 5/10 et plus aux trois épreuves (arabe, maths et français). Tout comme la session de juin, une chance supplémentaire a été donnée aux candidats, car soixante et un autres ont bénéficié de cette mesure (moyenne de l’examen ajoutée à celle de l’année scolaire divisée par deux). Au sujet de cette décision, un enseignant nous a dit avec ironie: « C’est ce qu’on appelle le rachat du rachat ». Il est à constater que contrairement à la session de juin, le taux d’absentéisme est important. A ce propos, nous avons contacté un directeur d’école primaire de la région. « Cette séance de rattrapage a démobilisé les élèves. Car une fois les résultats officiels proclamés, les recalés se sentent démobilisés. Et organiser une session en septembre après trois mois de vacances est un autre facteur de démobilisation de la part des candidats », pense ce responsable. Quant aux absents, certains disent que leurs parents ont préféré laisser leurs enfants refaire la sixième année que de les laisser arracher une place au collège de cette façon. « Si l’on veut obtenir le pourcentage de 90%, il faudrait revoir l’évaluation qui manque d’objectivité. Seule la moyenne obtenue à la fin du cycle primaire peut refléter le niveau de nos élèves puisque c’est ce qui sera préconisé pour le passage au lycée. En d’autres termes, ce ne sera que la réussite au Brevet d’enseignement Moyen qui comptera. Il faudra habituer nos élèves à compter sur eux-même. En clair, réhabiliter l’examen de 6 ème, comme il se doit », tel est l’avis d’un enseignant en retraite. L’autre remarque qu’il ne faut pas oublier est le choix de la date de la deuxième session. Cette dernière devrait être organisée durant la deuxième quinzaine du mois de juin car, faudra-t-il le dire, aujourd’hui les programmes sont entamés dans les collèges, Ainsi, tous ces élèves admis durant cette session accuseront un retard par rapport à leurs camarades d’une part, et ils auront aussi un complexe pour s’adapter dans le groupe, surtout lorsqu’ils seraient considérés comme des « repêchés », d’autre part. En définitive, tous ces facteurs pourraient jouer contre cette frange d’élèves même si, quelque part, l’institution a voulu réduire le taux de déperdition au niveau de l’enseignement primaire. De notre côté, nous souhaitons bonne chance à tous ces chérubins, et cela ne sera peut-être qu’un déclic pour eux.

Amar Ouramdane