Tizi-Ouzou Ils habitent des baraques datant de l’ère coloniale – Les habitants de la cité Mokadem menacent de s’immoler collectivement

Les résidents de la cité Mokadem Amar (les baraques) sise au chef-lieu de wilaya de Tizi-Ouzou, interpellent les autorités locales et nationales sur leur détresse, quant à ce qu’ils jugent d’exclusion et de marginalisation, vu la précarité de leur vie quotidienne, particulièrement sur le plan de l’habitat.

En effet, les habitants de cette cité déclarent qu’ils «sont prêts à s’immoler collectivement par le feu devant le siège de la wilaya en présence des medias nationaux et étrangers», dans le cas où leur cri de détresse n’est pas pris en considération. C’est du moins ce qui ressort d’un document du nouveau comité de quartier provisoire de la cité suscitée, parvenu à notre rédaction. «La wilaya de Tizi-Ouzou se trouve étrangement exclue du vaste programme social national, censé couvrir l’ensemble des régions», mentionne le document en faisant allusion à la situation de leur cité dont les habitations sont «des demeures où plusieurs foyers cohabitent depuis l’indépendance et dont les conditions de vie sont de plus en plus en dégradation». Les habitants de la cité Mokadem Amar, s’estiment oubliés de la société cantonnés depuis l’indépendance dans des baraquements hérités de l’ère coloniale. «Nous venons alerter une fois de plus les autorités locales et informer l’opinion publique locale et nationale sur la précarité de notre vie quotidienne, maintes fois exposée aux instances concernées à tous les niveaux de la hiérarchie». Les habitants de cette cité relatent longuement toutes leurs démarches auprès des autorités locales, restées vaines, malgré les multiples promesses. «Nous sommes marginalisés et exclus de tous les programmes sociaux de la région depuis l’indépendance, hormis le controversé recasement de 1989-1990 qui a laissé tous les résidents sur leur faim», dénonce-t-on dans le document. Les membres du comité de quartier provisoire de la cité suscitée, avancent dans ce même contexte que «cette opération pompeusement appelée recasement, est plutôt assimilée à une délocalisation. Les mêmes maux ont été transférés vers un autre site». «Située au centre ville et à une encablure de la wilaya, notre cité se trouve dans un état de délabrement avancé tout prés des regards furtifs et indifférents des autorités…que des responsables des partis politiques, implantés au chef-lieu, pourtant si prompts à venir quémander nos voix en période d’élections, leurs élus n’ont jamais daigné souffler un mot sur la situation». Le même document présente l’état de ces baraques préfabriquées «aux modestes surfaces, construites en matériaux légers, sans assises solides, recouvertes de tôles ondulées, exposées à tous les aléas climatiques. Prévues à l’origine pour une courte durée, elles tombent progressivement en ruines».

Les représentants des résidents de la cité font également part des maintes actions déjà menées vis-à-vis des autorités locales, citant à titre d’exemple des sit-in devant le siège de la wilaya. «Reçu par monsieur le wali le 21 avril 2011, le nouveau bureau du comité de quartier lui a présenté une situation exhaustive de notre cité et décrit les affres subies depuis cinq décennies par ses habitants. Très sensible à nos doléances, le wali s’est engagé à résoudre cette problématique de recasement dans des délais raisonnables». Les habitants, ont organisé un autre sit-in suite à quoi, poursuit le document, l’attaché de cabinet de la wilaya «dégage sa responsabilité en promettant que les travaux demandés par les habitants de cette cité seront pris en charge par le chef de daïra». Cependant, malgré toutes ces promesses, rien n’a été retenu. C’est pourquoi, le document du comité de quartier provisoire menace «d’entreprendre toutes les actions qui permettront de recouvrer leur dignité longtemps bafouée par les autorités et que les habitants sont prêts à s’immoler collectivement par le feu devant le siège de la wilaya et ce en présence des médias nationaux et étrangers et que les autorités seront tenues pour seules responsables de cette extrême solution», conclut le document.

Rachida Selmani