M’Chedallah : Les paysans restent impuissants face à leur nuisance dévastatrice – Les sangliers dévastent les figueraies

Les citoyens de M’Chedallah se sont félicités l’année passée du recul spectaculaire des hordes de sangliers qui constituent l’un des phénomènes les plus ravageurs pour l’agriculture, au point où de nombreux paysans ont d&ucirc,; la mort dans l’âme, laisser leurs terres en friche, à cause de cette catastrophe mobile qui n’épargne aucune surface cultivée.

Cette baisse de prolifération des sangliers avait comme raison principale la disparition de ces bêtes durant l’année 2010, les séries de feux de forêts qui ont détruit plus de 80 % de leur territoire et refuge naturel que constitue le tissu végétal forestier. D’immenses incendies qui ont décimé le gros de ces voraces et chassé les survivants vers d’autres régions. Hélas ! Il a été enregistré cette année un retour non moins spectaculaire de troupeaux de sangliers qui écument de nouveau la région et reprennent avec la destruction des récoltes telles que les vergers de melon, pastèque et courge qu’ils affectionnent, mais surtout, ils ciblent l’arboriculture, plus particulièrement les figueraies dont c’est la saison de la récolte. Non seulement les mâles dévorent d’importantes quantités, sachant qu’une seule bête peut avaler jusqu’à 30 kg de ce fruit par nuit, mais aussi, pour permettre à leurs petits de se nourrir de figues fraîches, les femelles brisent les branches. N’échappent à cette destruction que les hautes branches hors de portée des femelles adultes dont chacune, en plus de sa propre ration, doit nourrir une nichée de 12 à 15 marcassins. En outre, à moins d’un mois du début de la saison des figues, les figueraies offrent un spectacle des plus désolants, avec des branches cassées et pendantes, et éparpillées tout autour. Les paysans qui ne peuvent pas chasser ces animaux en raison de l’insécurité font recours à des épouvantails ou encore à un procédé plus récent, qui consiste à entourer les parcelles d’un ruban de la bande d’une cassette étendu d’un arbre à un autre, et qui produit avec le soufflement du vent un son continu et aigu qui éloigne les sangliers, mais juste le temps de s’habituer à ce nouveau bruit. Ceux qui ont leurs figueraies à proximité de leurs maisons usent de pétards qu’ils lancent de temps en temps pour effrayer, d’autres utilisent des récipients comme les boîtes de conserve vides qu’ils attachent comme un chapelet le long d’un fil étendu entre le verger et la maison et qu’ils agitent de temps en temps, provoquent ainsi un tintamarre qui fait fuir les sangliers. D’autres enfin usent de la pose de collets confectionnés avec des câbles puissants des freins de motos, un procédé que réprouvent la majorité des paysans par le fait qu’il provoque une mort lente et atroce de la bête prise. En effet, en ce débattant pour se libérer du piège, le fil rentre profondément dans sa chair. De plus, l’agonie dure bien souvent plusieurs jours, ce qui provoque la colère des chasseurs et les amis de la nature en général et des bêtes en particulier.

Oulaid Soualah