Le phénomène de l’exode rural qui a pris de l’ampleur ces dernières années en Kabylie n’a pas épargné la commune de Souk-Oufella. Les raisons sont multiples. La région demeure toujours marginalisée par les pouvoirs publics qui n’ont rien fait pour retenir les citoyens sur place. D’ailleurs, dans le village le plus proche, à savoir Tiliouacadi, à 1 Km du chef-lieu de la commune, les conditions de vie sont intenables. Les habitants ont déploré le fait que leur village n’ait pas bénéficié de projets de développement. De ce fait, les habitants préfèrent aller sous d’autres cieux plus cléments afin de rompre avec un quotidien plein d’aléas. Nombre d’entre eux sont actuellement établis à Béjaïa ville. «Nous avons beaucoup attendu et résisté même durant la décennie noire, car nous savions que la paix allait revenir un jour, hélas, nos jeunes ont fini par perdre espoir devant le chômage galopant qui ronge cette frange très sensible de la société. Cela sans parler de la crise du logement et de la mal vie», nous a déclaré un septuagénaire de la région, l’air navré. Ajoutons à cela l’épineux problème de la pénurie d’eau potable. Même en période hivernale, les familles ne doivent leur salut qu’à d’anciennes fontaines pour s’approvisionner de cette denrée précieuse. Les citoyens de cette région se sentent livrés à eux-mêmes. «Toutes nos requêtes adressées aux autorités locales sont restées lettre morte», déplore un autre villageois.
Djaouti Mokhtar
