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BOUIRA - Polémique autour de la surproduction de pomme de terre

La fuite en avant du DSA

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Le directeur des services agricoles de la wilaya de Bouira, M’Hamed El Bouali, a déclaré, hier matin, lors d’un point de presse, que le problème
soulevé par les producteurs de pomme de terre n’a pas lieu d’être, le qualifiant de «faux problème».

Par les chiffres, le premier responsable du secteur a indiqué que sur les 2 508 ha du plateau d’El Esnam, 830 ha étaient réservés à la multiplication et 1 678 ha à la pomme de terre de consommation. «Il existe deux programmes, celui de la pomme de terre destinée à la consommation et celui de la semence. Nous disposons de 14 établissements de production de semence de pomme de terre avec capacité de stockage pour recevoir la production, en plus d’une trieuse et d’un ingénieur technicien. L’ensemble du processus est contrôlé, de la mise en culture jusqu’à la récolte et l’itinéraire technique t respecté», a précisé El Bouali. Selon le même responsable, au niveau de la ferme pilote d’El Esnam, 228 ha ont été attribués dans le cadre d’un contrat de partenariat avec six établissements producteurs de semences.

«Chaque établissement a un certain nombre de multiplicateurs avec lesquels il collabore, en fournissant les semences, sans oublier l’assistance des services de la DSA pour la production de la semence. Une fois la récolte arrivée à terme, l’établissement prend la semence pour la stocker dans les chambres froides. Ainsi, si les règles de la production étaient respectées, le problème touchant la pomme de terre de consommation ne se poserait pas. Un programme de semences pour lequel l’Etat a consenti des investissements énormes par la prime de stockage, la prime de multiplication et autres. En parallèle, les producteurs trichent, en faisant de la pomme de terre de consommation et en ne respectant pas leurs obligations. Il faut absolument identifier les différents producteurs de pomme de terre !», a expliqué M’Hamed El Bouali. Il a également affirmé que les établissements n’ont aucun droit de regard sur les multiplicateurs.

En ce qui concerne les superficies destinées à la multiplication de la pomme de terre, elles ont été réservées, durant cette arrière-saison, à la pomme de terre de consommation. L’abondance de la production s’est alors répercutée sur les prix qui sont devenus dérisoires. Par ailleurs, on a appris que le blocage de l’autoroute par les producteurs mécontents, avec des sacs entiers de pomme de terre, a fait réagir les services du ministère, qui ont immédiatement demandé l’intervention de Frigomédit pour assurer l’opération de stockage avec les services de Mac Sahel et Mac Skikda. «Nous allons, en premier, mettre à la disposition de ces agriculteurs les entrepôts de Frigomédit à titre gracieux. Deuxièmement, nous allons les intégrer dans le dispositif du SYRPALAC et troisièmement, l’État prendra en charge les frais de transport de la parcelle jusqu’aux entrepôts frigorifiques des wilayas de M’Sila, Djelfa et Tizi Ouzou. En plus de cela, Mac Sahel va acquérir une quantité de pomme de terre auprès des agriculteurs pour l’entreposer dans d’autres wilayas du sud, de l’est et de l’ouest du pays. Mac Skikda a été instruite de faire la même chose, conformément aux réunions qui se sont tenues au niveau du ministère de l’Agriculture», a précisé le directeur des services agricoles de la wilaya de Bouira.

Ainsi, les différentes opérations de stockage organisées ont permis, selon lui, d’absorber 4 100 tonnes de produits de consommation avec différents établissements qui ont acheté la production de pomme de terre au prix de 25 DA/Kg. Par ailleurs, le DSA a affirmé que plus de 5 900 quintaux de semences ont été stockés sauf à El Esnam, où les agriculteurs n’ont pas respecté le programme et le processus de semence. Et de poursuivre : «Près de 6 000 quintaux de semences «A», que nous importions auparavant, sont stockés dans nos chambres froides pour préparer la prochaine saison. C’est un gain en devises pour l’État. L’importation de semences de pomme de terre a aussi été réduite de moitié, au cours des dernières années, grâce à ces programmes de multiplication qu’il faudra impérativement respecter.» D’autre part, le DSA espère identifier clairement les producteurs de pomme de terre de consommation et de semence.
Hafidh Bessaoudi