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Au premier jour de la grève générale

La Kabylie à l’arrêt !

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Tizi-Ouzou, villes et villages, était totalement paralysée hier par la grève générale, à laquelle des anonymes ont appelé, depuis une semaine, sur les réseaux sociaux.

Toutes les administrations, institutions, entreprises et écoles étaient fermées. Les commerces aussi ont gardé leurs rideaux baissés. Rares sont ceux qui ont assuré le service minimum aux premières heures de la matinée, avant de rallier le mot d’ordre de la grève.

Le mouvement, qui visait la paralysie de toutes les activités économiques, éducatives, sportives,… a eu un très large écho, excepté les établissements de la santé, publics et privés, et certaines pharmacies qui ont assuré le service durant toute la journée. Aux premières heures de la matinée d’hier, la ville des Genêts, dans toutes ses cités et tous ses quartiers, a pris du retard pour se réveiller. A 6h du matin, les cafétérias, qui d’habitude ouvrent dès 5h30, étaient toujours fermées.

Une heure plus tard, de rares buralistes ont ouvert pour vendre journaux et tabacs avant de baisser rideaux. Les boulangers ont tous fermés. Pas de lait non plus. Tous les commerces n’ont pas ouvert. Dans les administrations et institutions publiques le suivi du mot d’ordre de la grève est épié également par tout le monde. Il a fallu attendre 9h, heure de l’ouverture des banques, pour se rendre compte que la paralysie de l’activité était effective.

Peu après 8h, les processions d’écoliers qui rebroussaient chemin renseignaient sur la fermeture des écoles tous paliers confondus. Les administrations n’étaient pas en reste, puisque les fonctionnaires sont repartis chez eux, après avoir juste marqué une présence symbolique devant les entrées de leurs lieux de travail.

Les entités économiques, qu’elles soient publiques ou privées n’ont pas démarré les machines. L’ensemble des outils de travail sont restés en «cale sèche». L’illustration nous vient de la zone industrielle d’Oued-Aïssi, dans la banlieue Est de la ville de Tizi-Ouzou. Là, ni le complexe de l’électroménager ENIEM, ni les stations d’enfutage ou de distribution de carburants de NAFTAL, ni même la briqueterie appartenant à un privé n’ont fonctionné hier. Tout était à l’arrêt.

Dans cette gigantesque zone économique, le temps semblait soudainement s’être arrêté ! Les relais et stations service de carburant ont été, eux, pris d’assaut dès la veille. Durant toute la soirée d’avant-hier, d’interminables chaînes se sont formées vers ces lieux d’approvisionnement en carburant, au point où la quasi-totalité des chemins et routes étaient encombrés jusque tard dans la nuit.

Il était d’ailleurs très difficile de circuler depuis 17h et jusqu’à minuit tant les files de voitures ne cessaient de s’allonger devant les pompes à essence. Ces files ne se sont pas estompées durant toute la journée d’hier. Certaines stations ont, néanmoins, dû baisser la barrière peu après midi, faute de produit qui s’est épuisé. L’on se renseigne quand-même sur la station la plus proche, ou, à défaut, celle qui continue de remplir les réservoirs.

Des messages pour se renseigner sont même lancés sur les réseaux sociaux. Certains en ont eu pour leur quête, d’autres se désolent d’apprendre que les stations ont déjà épuisé leur stock. La ruée vers les magasins et boulangeries, qui avait commencé dès vendredi, en vue de constituer les réserves nécessaires pour tenir durant les cinq jours de la grève est la principale raison de l’épuisement des tous les produits.

M. A. T.