Par Sadak Aït Hamouda
Par S Ait Hamouda
Dans le désespoir ambiant parait une lueur d’étoile perceptible à peine de la volonté de voir la deuxième République enfin installée. Là, il faudrait balayer à grande eau tout ce qu’a laissé le système, les caves, les balcons, les chambres à coucher, les salons et ne laisser nulle place où la main ne passe et repasse. Cela s’entend au propre et au figuré. L’ombre des escrocs, des corrompus et corrupteurs, de voleurs sans vergogne et des magouilleurs de tous poils s’insinue comme par effraction dans la scène ouverte à tous les amalgames, ceux autorisés et ceux qui ne le sont pas.
Ouvertement, une figure qu’on connaît à peine entre sur le plateau et se met à déclamer des imprécations contre le présent, à dire des énormités contre nos manifestations et à souhaiter qu’elles s’estompent pour retrouver le bonheur qui rayonnait sur lui pas plus loin qu’hier. Un second personnage le rejoint, accoutré à «l’afghane», qui lance d’emblée me voilà : «Je vous avais averti que l’Islam est la solution. Que vous le vouliez ou non, il n’y a ni Constitution, ni État, ni beauté, ni tranquillité sans la religion».
Et puis un troisième personnage entre en scène pour répondre aux deux qui l’ont précédé : «La révolution est née d’une idée noble, puis vécue grâce aux téméraires, ensuite ce sont les opportunistes qui récoltent les bienfaits avant de prendre tout le monde à contre-pied.» Dans ces trois acteurs de la dernière heure, il n’y a pas grand-chose à espérer, sauf une poire pour la soif et une galette pour couper la faim. Il y a tout de même une exception pour ceux qui attendent le moment opportun pour sauter sur leur proie et la prendre à grands coups de bec pour la déchiqueter, l’éventrer et la rendre en pièces.
Ils ont poireauté et fait le pied de grue jusqu’à l’arrivée de la prétendue heure qui annonce tout ce qu’ils ont attendu durant des décennies avec impatience. À cet instant, ils vont jubiler, ils vont fêter l’avènement d’une nouvelle ère faite de bonheur félicité. C’est ce qu’on appelle attendre son heure pour que nulle autre ne s’impreigne de notre instant.
S. A. H.

