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Célébration de la Journée nationale de l’artiste à la Maison de la culture de Tizi-Ouzou

11 groupes de musique moderne kabyle à l’honneur

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La Maison de la culture a célébré, hier, la Journée de l’artiste à travers un programme spécial. Ainsi, elle a rendu hommage à onze groupes de musique moderne kabyle. On a ainsi évoqué les Abranis, Afous, Agraw, Djurdjura, Ideflawen, Igennaden, Igoudar, Ikhoulaf, Imazighen Imoula, Issoulas, Tagrawla et Yougourthen, dont certains membres sont revenus sur leur succès d’antant.

Chanter, se produire sur scène et être artiste n’a pas toujours été facile, notamment pour les chanteurs d’expression kabyle et encore plus pour les groupes qui pour faire de la musique a souvent été imprégné d’une pointe de revendication identitaire. Un point sur lequel semblaient s’entendre les intervenants, hier, lors de la conférence organisée à la Maison de la culture Mouloud Mammeri. Sous le thème « l’apport de la chanson moderne à la culture et la langue amazighes en Kabylie », cette conférence a été animée par l’écrivain Abdennour Abdeslam. Ce dernier, en revenant sur l’historique de la chanson kabyle en générale, a expliqué comment la naissance des groupes des chanteurs en tamazight avait marqué un tournant et une innovation dans le domaine, nommant cette ère de « 3ème génération ». Certains membres des onze groupes auxquels est rendu l’hommage à l’occasion de la célébration de la Journée nationale de l’artiste se sont, par la suite, succédés afin de revenir sur leurs débuts, et ce dans un débat fructueux ayant permis de découvrir le champ musical des années 60 et 70 et plus. Ainsi, si Karim Abranis avoue avoir toujours été séduit par la révolution musicale étrangère avec des groupes d’un genre nouveau, Pop et Rock entre autres, il déplore néanmoins qu’un hommage individuel ne puisse être rendu à chaque troupe ayant marqué l’ère de la révolution musicale kabyle. De son côté Cherif Issoulas se rappelle de ces premiers pas dans le domaine avec des camarades partageant le même quartier. Belaïd Tagrawla insiste, quand à lui, sur l’apport de la chaîne 2 de la radio nationale qui, avec des émissions comme « les chanteurs de demain », a été le salut de beaucoup d’artistes. Il sera soutenu dans ses propos par Saïd Ali Naït Kaci. Le rôle du maître Cherif Kheddam dans l’apparition sur scène de beaucoup d’entre eux grâce justement à une telle émission n’est pas contesté. D’autres intervenants, à l’image de Mohand Ouali du groupe Imazighen, de Larbi Ugawawen, entres autres nostalgiques, reviendront sur leurs débuts qui n’ont pas toujours été faciles ni tracés pour une carrière musicale dans de tels groupes ayant marqué tant d’époques. Par ailleurs et à la question de savoir pourquoi les groupes n’ont pas pu perdurer, ne laissant au public qu’une seule figure parmi la troupe, les invités écartent tout conflit entre les membres de tel ou tel groupe, même si pour Belaïd Tagrawla de par le monde, les groupes peuvent facilement tomber dans des conflits d’ordre financier notamment. Il souligne toutefois que les groupes se renouvèlent. « C’est le cas de Tagrawla dont certains membres ont été appelés par d’autres obligations », dira-t-il. Karim Abranis souligne, pour sa part, que « les Abranis ont connu la succession de 49 musiciens depuis 1973 ». Aït Kaci Saïd Ali ira un peu plus loin en soutenant : « Malheureusement, des conflits de leader-chip apparaissent et le groupe s’en retrouve affaiblie ». C’est là poursuivra-t-il, « le fruit de l’intrusion d’un troisième élément qui ne laisse aucune chance à la solidarité entre les membres ». La raison pour laquelle nombreux sont ceux qui n’ont pas pu tenir la route.

Tassadit Ch.