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Aït Yahia Moussa - L’artiste a été enterré hier

Amar Belkada n’est plus

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L’artiste Amar Belkada, qui signait ses premiers albums Amar B., est décédé avant-hier à l’âge de 70 ans, des suites d’une longue maladie.

«Dernièrement, je l’ai croisé devant la maison de la Culture. Il m’avait dit qu’il souffrait mais il avait beaucoup d’espoir de revenir vite sur la scène artistique», a confié un de ses fidèles amis. C’était aussi un comédien qui s’était distingué dans le rôle qu’il a joué dans le film «Dagdagui». D’ailleurs, il aimait répéter la phrase «Tsawaghit a dagdagui», souvent entendue dans les marchés et les marches mais également dans de nombreuses rencontres cinématographiques. Militant de la cause amazighe de la première heure, Amar Belkada était infatigable. En outre, il avait participé à tous les récitals poétiques organisés par la Direction de la culture de Tizi Ouzou et était présent à tous les rendez-vous culturels. D’ailleurs, Belkada était sur le point d’éditer un recueil de poésie.

Dda Amar, comme aimaient l’appeler ses amis et les artistes, était modeste, simple et toujours souriant. Il donnait souvent son avis sur la situation politique que traverse le pays et ne ratait aucune marche. Dda Amar était plein d’espoir et disait toujours que tamazight se portera merveilleusement bien grâce aux militants, aux hommes de culture et au peuple amazigh. Le défunt artiste avait récité, dernièrement, un long poème à la maison de la Culture de Tizi Ouzou, où il avait évoqué l’environnement, le changement climatique, les droits de l’Homme… «Nous avons eu le meilleur prix du texte avec la troupe du théâtre régional de Tizi Ouzou au Festival du théâtre amazigh à Batna, bien que nous n’ayons eu que vingt jours pour monter la pièce avec laquelle nous y avons participé.

Pour le cinéma, c’est un peu compliqué à cause de plusieurs problèmes, notamment financiers, à tel point que les acteurs sont démobilisés. C’est une cassure», avait-il déclaré. Le défunt avait participé au film «Ger zikh tsura» (Entre hier et aujourd’hui) sur les traditions ancestrales et ce qui se passe actuellement sur les scènes dans les salles de spectacles. En dépit de toutes ces entraves, il espérait que sa santé allait s’améliorer pour pouvoir reprendre le travail qu’il avait commencé au théâtre et pourquoi pas camper d’autres rôles dans des films.

Hélas, Dda Amar est mort et a été enterré, hier, dans son village natal Iâllalen, dans la commune d’Aït Yahia Moussa. Une grande foule et de nombreux artistes ont assisté à ses funérailles. «Dda Amar est un artiste simple et en même temps un militant de la cause amazighe. C’était quelqu’un qui répondait à toutes nos invitations. Son air humoristique est inoubliable. Que Dieu ait son âme», a indiqué un membre d’une association culturelle à Aït Yahia Moussa. Ainsi, la scène artistique est de nouveau en deuil, après avoir perdu, dernièrement, le chanteur Rabah Flissi qui était, lui aussi, un habitué de la maison de la Culture Mouloud Mammeri. A Dieu l’artiste !
Amar Ouramdane