La Dépêche de Kabylie : Avant tout, comment est né votre projet ?
Amina Aït Ramdane : L’association Erifk Bi Elyatim d’Azeffoun a été créée en 2016, dans le but de mener des actions de solidarité et d’entraide en faveur des orphelins et des veuves. Concernant le bureau communal de Timizart de l’association Erifk Bi Elyatim, il a été créé le 30 juin 2018 par un groupe de bénévoles épris du travail associatif et réunis autour d’un projet humanitaire. Ce bureau est considéré comme une annexe du bureau de l’association mère qui se trouve dans la commune d’Azeffoun. Il a été créé au niveau de la commune pour rapprocher l’association de ceux qui en ont besoin et ce, avec l’aide et l’assistance du bureau central. Nous travaillons dans le but de trouver des solutions pour la prise en charge de ces enfants lourdement défavorisés jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge adulte. Aujourd’hui, l’association assiste plus de 116 personnes.
Quelles sont les missions de l’association ?
Notre association est à la disposition et à l’écoute de l’orphelin et de sa maman tout au long de l’année. Notre siège est devenu une sorte de deuxième maison pour ces derniers. En somme, nous essayons de faire en sorte que l’orphelin ait une vie respectable et digne. L’association leur offre ses services bénévolement, dans tous les aspects de la vie quotidienne: étude, prise en charge sanitaire, nourriture, habillement et des activités de loisirs et de divertissement…
Nous vivons avec les orphelins et les veuves au quotidien, nous les assistons jusqu’à ce que l’enfant soit en mesure de se prendre en charge.
De quels moyens disposez-vous ?
Nous sommes une association humanitaire et de bienfaisance. Les dons nous parviennent principalement de bienfaiteurs qui sont le poumon de nos actions. Ils nous fournissent généreusement en produits alimentaires, vêtements et matériels nécessaires. Nous avons aussi déposé des paniers partout dans les différents commerces pour la collecte des produits alimentaires qu’on distribue mensuellement aux veuves sous forme de couffins.
Qu’est-ce qui a motivé votre démarche ?
Il faut que chacun de nous ait à l’esprit que ces enfants sont les adultes de demain. Nous devons leur donner l’occasion de voir que le monde n’est pas fait que de privations et de malheurs. Je dis toujours que les orphelins sont parfois les « oubliés » de la solidarité dans notre société, alors qu’ils mènent des vies extrêmement dures. Il y a une façon d’exister à travers ces enfants. A chaque moment de bonheur, de joie que nous leur donnons, nous ressentons autant de joie et de bonheur. Le sourire d’un orphelin et les prières d’une veuve nous donnent une telle énergie et une telle motivation qui nous poussent à aller toujours de l’avant, sans jamais songer à arrêter. Les réactions favorables des gens et le sens d’entraide et de partage largement ancrés dans notre société kabyle nous donnent également de la force et nous poussent à continuer.
Quels sont les projets de votre association ?
Notre association a pour objectif principal de répondre aux besoins élémentaires de nos orphelins et de leurs mamans, de leur créer un cadre de vie décent et respectable. Nous essayons à travers les différentes activités qu’on organise de créer de nouveaux liens sociaux et d’être d’une oreille attentive aux doléances de cette frange de la société qui en a vraiment besoin. Les projets de l’association à l’avenir, sont entre autres, la prise en charge et l’assistance des veuves dans le domaine de l’emploi, au terme d’un cycle de formation. Il serait intéressant, par exemple, de trouver des mécanismes quant à les aider à créer de petits projets dans les créneaux broderie, couture, fabrication de gâteaux et autres.
L. M.

