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M’chedallah : Aventure périlleuse

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Mercredi passé un groupe composé d’une quinzaine de jeunes originaires de la commune de Saharidj et résidant à M’chedallah animés par un esprit d’aventure se sont lancés à l’assaut du sommet de Tamgout (le plus haut du massif du Djurdjura 2328 m d’altitude) en choisissant inconsciemment au péril de leur vie, un chemin qu’ils croyaient le plus facile alors qu’en réalité il est le plus dangereux pour plusieurs raisons.
L’itinéraire choisi par ces jeunes écervelés Iwakouren via Izerouel pour atteindre le sommet de Tamgout est parsemé de pièges aussi mortels, les une que les autres ; d’abord, des précipices et falaises vertigineux qu’il faut franchir, et au moindre faux c’est la mort certaine, avec en plus des risques d’avalanches de galets qui guettaient ces alpinistes en herbe, ensuite ; c’est le territoire du lieudit Izerouel sur lequel les tous premiers groupes terroristes ont jeté leur dévolu et qu’ils n’ont jamais définitivement abandonné malgré les bombardements cycliques, les ratissages et la destruction systématique de leurs caches et refuges. Cet endroit constitue une véritable relique de Z’babar ou Sidi Ali Bouneb, des lieux que les sinistres sanguinaires ont pris le soin de truffer de mines pour protéger leurs refuges, plus grave encore si ces deux fiefs ont fait objet à plusieurs reprises d’opération de déminage, Izerouel ne l’est pas. C’est souligner le degré du danger auquel se sont exposés ces jeunes inconscients ; de plus ayant terminé leur voyage tard dans la nuit sans lune, et sombre ; l’obscurité a multiplié par dix tous ces dangers énumérés avec un risque supplémentaire de tomber sur une embuscade des services de sécurité auxquels il ne viendrait jamais à l’esprit que de simples citoyens pourraient s’aventurer sur ce terrain isolé extrêmement dangereux loin de toute agglomération et où le moindre mouvement est suspect.
Ce n’est qu’aux environs de 23 h que ces jeunes fous pour fêter leur victoire sur ce haut sommet ont commencé à envoyer des signaux lumineux à l’aide de puissantes torches en direction de Saharidj, ce qui a trahi leur présence en ces lieux et crée une alerte générale.
Des dizaines de citoyens ont appelé tous les services de sécurité pour signaler cette insolite présence sur le 2ème sommet d’Algérie après le Hoggar.
Nous apprendrons des sources crédibles que l’endroit a été bouclé jusqu’au levé du jour et que l’alerte est tombée après identification des “feu follet”.
Pour rappel, ce sommet de Tamgout est un lieu de pèlerinage pour toute la Kabylie depuis la nuit des temps, les citoyens s’y rendent durant 7 mercredis entre juillet et août et organisent des offrandes, un rite abandonné depuis au moins 20 ans soit depuis l’avènement du terrorisme au début des années 90.
Ces jeunes motivés et inspirés sans doute par le tapage fait par la presse auto visuelle autour de la reprise de ce rituel depuis quelques années à Azrou N’Thour, situé à quelques encablures à vol d’oiseau à l’est du sommet Tamgout, ont voulu relancer le pèlerinage à Tamgout, un désir renforcé par le goût de l’aventure et le défi du danger propre aux adolescents.
Seulement en voulant créer la surprise (c’en était une, il faut le reconnaître) Ils ont même omis d’aviser les autorités ou les services de sécurité. Tout est bien qui finit bien. Nos jeunes aventuriers, qui ont été mis au défi d’escalader la montagne en affrontant mille et un dangers, sont tous rentrés chez eux saints et saufs.
Notons, cependant, que maintenant que le mur de la peur est cassé d’autres jeunes seront sans aucun doute tentés par cette extraordinaire et fantastique aventure. D’autant plus que cet événement relaté a été fort commenté le lendemain au niveau des lieux publics, accompagné de commentaires partagés entre la réprobation et l’admiration, les autorités locales doivent prendre leurs dispositions soit pour accompagner ou dissuader (c’est selon) les futures pèlerins.

Oulaïd Soualah