Accueil A la une «L’opération de réhabilitation des hôtels souffre de son mauvais départ»

RACHID GHEDOUCHI, directeur du tourisme de la wilaya de Tizi-Ouzou

«L’opération de réhabilitation des hôtels souffre de son mauvais départ»

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La saison estivale sera officiellement lancée le 22 juin prochain. L’année dernière, elle avait connu plusieurs désagréments et manques. Dans cet entretien, le directeur local du tourisme, Rachid Ghedouchi, parle des mesures prises pour améliorer l’accueil des estivants et fait le point sur l’avancement des travaux au niveau des chantiers de réhabilitation des infrastructures hôtelières publiques au niveau de la wilaya.

La Dépêche de Kabylie : Pouvez-vous donner un aperçu sur les préparatifs opérés pour assurer une bonne saison estivale 2019 ?
M. Rachid Ghedouchi
: On a commencé les préparatifs pour le lancement de la saison estivale depuis le mois de décembre dernier. On a cerné les points négatifs de l’année dernière pour essayer de les corriger. On a multiplié les réunions avec plusieurs commissions (daïras, wilaya). Une Commission ministérielle s’est même déplacée à Tizi-Ouzou, en avril dernier. En ce qui concerne les plages non autorisées à la baignade, elle s’est rendue compte que seulement 08 plages sur 18 sont autorisées à la baignade. On les a invités pour constater d’eux-mêmes les raisons. Nous concernant, avec l’ex-wali, M. Chater, on avait fait un courrier où nous avons demandé 1 milliard de dinars pour l’aménagement de toutes les plages y compris celles non autorisées à la baignade. Cette somme aurait servi à ouvrir les accès, mettre en place les sanitaires, les postes de sécurité et de Protection civile, au niveau de ces plages fréquentées par les citoyens. Malheureusement, cette somme ne nous a pas été accordée. Nous nous sommes entendus avec la Commission sur l’ouverture, cette année, d’au moins 3 nouvelles plages : Abechar, Tala Ntiqit (Azeffoun) et Ibehrissen (Tigzirt). On n’a pas eu le financement nécessaire. Donc, il n’y aura pas l’ouverture de nouvelles plages, cette année.

La plage Tassalast a été endommagée suite aux intempéries. A-t-elle été aménagée ?
Nous nous sommes déplacés et on a établi un PV. On a demandé 12 millions de dinars, qui ont été accordés par M. le wali. Les travaux ont commencé. L’urgence est d’ouvrir l’accès à cette plage. Les autres plages sont équipées et prêtes à recevoir les estivants.

Lors de la dernière saison estivale, des problèmes épineux se sont posés au niveau des plages, notamment concernant l’eau, l’éclairage, les coupures d’électricité… Avez-vous pris des mesures pour éviter, cette année, ces désagréments ?
Oui, en effet, ce sont des problèmes épineux, surtout celui de l’eau. Cette année, on a organisé plusieurs rencontres pour régler ce problème. La nouveauté, cette année, est la mise en service demain (Ndlr : aujourd’hui) de la station de dessalement de Tassalast. Le problème sera donc réglé. Au moins, un jour sur deux, l’eau coulera dans les robinets. En même temps, le flanc nord sera alimenté par le barrage Taksebt avec un débit supplémentaire.
Pour l’éclairage, il est pris en charge par l’Epic de la wilaya. Au niveau des APC, les élus se sont démarqués et refusent de s’engager avec nous dans les préparatifs, soulignant qu’ils sont avec le mouvement populaire. Cette Epic est sur place et va essayer de couvrir les 08 plages. Pour les coupures d’électricité, la Sonelgaz s’est engagée et nous a promis de régler ce problème. J’espère que ces promesses seront tenues. Concernant l’embellissement de la ville, la DTP est sur place. En ce qui concerne le nettoyage des plages, une instruction a été donnée par le wali pour que tous les directeurs soient sur place pour superviser cette opération et être prêts pour le 22 juin, puisque c’est à partir de cette date que les plages seront très fréquentées avec la fin des examens. D’ailleurs, d’après nos prévisions, on va atteindre le nombre de 10 millions d’estivants, cette année, au lieu des 8 millions de l’année dernière, en comptant le nombre de baigneurs au niveau des plages non autorisées.

Puisque vous parlez d’embellissement de la ville, on a constaté que la RN24, qui mène à Tigzirt, est endommagée, particulièrement à certains endroits…
Oui, c’est vrai. D’ailleurs, certaines parties de cette RN sont prises en charge et d’autres pas encore. Demain (ndlr : aujourd’hui), le wali va effectuer des visites dans les deux daïras. On va faire le chemin d’Aït Chafaa à Tigzirt pour s’enquérir de l’état de l’environnement, notamment le problème des décharges sauvages sur la chaussée, puis le désherbage et la signalisation horizontale qui a été prise par la DTP. Au cours de la visite de demain, tous les secteurs qui interviennent dans la préparation de la saison estivale seront passés au peigne fin. Il y a certes des insuffisances, mais j’interpelle les citoyens aussi pour une prise de conscience sur la question environnementale, notamment. Il y a un plan d’urgence engagé ces derniers jours que nous menons avec la mobilisation de toutes les entreprises même privées et une prise en charge, au niveau des deux auberges de Tigzirt et d’Azeffoun.

Qu’en est-il de la concession des plages, cette année ?
L’opération a été lancée au niveau des plages d’Azeffoun avec l’adjudication, des plages d’Aït Chafaa. Pour ce qui est de Tigzirt, il n’y a pas de concession, car ce sont des terrains privés. C’est plus les parkings. Il y aura, en revanche, des autorisations qui seront délivrées par l’APC pour ceux qui veulent les exploiter, en y mettant des chaises, des parasols, etc. Ils payeront une taxe, en contrepartie. En ce qui concerne le problème du squat des plages et de leur accès, il faut savoir que l’accès est libre mais le parking payant. La mise à prix, cette année, de la plage Caroubier est de 8 millions de dinars. Donc, c’est normal de rentabiliser.

Où en êtes-vous avec l’opération de réhabilitation des hôtels publics qui a pris visiblement beaucoup de retard…
L’opération de réhabilitation des hôtels, pour être honnête, a pris un mauvais départ. D’ailleurs, nous n’avons pas été impliqués dans cette opération, qui dépend du groupe HTT, avec ses deux sections : l’UGT Centre avec ses hôtels Amaroua, Tala Guilef et Tamgout et l’UTK avec ces trois hôtels Le Belloua, Lala Khadidja, Le Bracelet d’argent. Nous avons été induits en erreur, en pensant que les étrangers avaient une baguette magique. Finalement, on aurait dû engager nos entreprises. Donc, pour les hôtels qui dépendent de l’ETK, on prévoit la réception de Lalla Khadidja durant cette saison estivale.
La réception était prévue pour le mois de mai passé mais on a eu des problèmes avec les Turques, qui sont sur le projet. Ils avaient importés leur matériel de Turquie, pensant que c’était moins cher. Mais ils ont été confrontés à des problèmes de dédouanement et autres taxes, ce qui a retardé l’opération. Le matériel est resté deux mois au port. On a pu ensuite le débloquer. Ces trois hôtels seront réceptionnés durant cette saison estivale.
Pour les équipements, l’avis d’appel d’offres pour le choix des fournisseurs a été lancé. Pour l’hôtel Amaroua, sa réception pourrait se faire d’ici la fin de l’année et jusqu’au premier trimestre 2020. Les travailleurs sur les chantiers sont à pied d’œuvre. Pour Le Tamgout, il y a eu résiliation de l’ancien bureau d’études. L’opération pour le choix d’un nouveau bureau a été lancée et un bureau a été retenu. L’entreprise italienne est sur place mais elle ne peut pas travailler tant que le bureau d’études n’a pas commencé pour le suivi des travaux. Il y aura un retard à ce niveau.
Pour Tala Guilef, on va réceptionner deux blocs d’ici la fin de l’année. Pour le reste, ce sera en 2020. La nouveauté, cette année, c’est que les directeurs de wilaya du tourisme seront impliqués dans le Conseil d’administration des hôtels publics pour nous permettre de suivre les projets et donner des réponses à l’APW et à la presse aussi pour informer les citoyens.

Entretien réalisé par Kamela Haddoum