Une centaine de chauffeurs de l’entreprise Numilog ont protesté, hier matin, sur leur plate-forme logistique de Bouira, pour s’insurger contre ce qu’ils qualifient de «conditions de travail déplorables» ponctuées de stress et de pression de la part de leur hiérarchie.
«Nous sommes entrés en arrêt de travail pour protester contre la pression que l’on subit au quotidien à cause du rythme infernal que l’on nous impose. Nous effectuons de longs trajets sans pouvoir nous reposer entre chaque cargaison, le rythme est intenable», avoue Said, un des protestataires.
Ces derniers se sont ensuite rendus au niveau du tribunal de Bouira car trois de leurs collègues devaient comparaitre vers 14h. Une convocation leur avait été remise, le matin même, par un huissier de justice pour reprendre le travail.
«Nos trois collègues convoqués par la justice ne sont pas impliqués dans ce débrayage et c’est pour cela que nous avons décidé de les soutenir aujourd’hui», indique notre interlocuteur. Selon ce chauffeur, aucun responsable de l’entreprise n’a daigné les recevoir pour leur exposer leurs doléances : «Sur tous les camions de l’entreprise, vous pouvez voir qu’il figure des panneaux pour sensibiliser aux accidents de la route.
Cependant, nous devons travailler en continue et sans être à l’origine d’accident, c’est plutôt un comble», s’étonnera un autre chauffeur. Par ailleurs, ces chauffeurs déplorent le fait que cinq de leurs collègues auraient été impliqués récemment dans des accidents. Ils dénoncent, également, des mises à pied sanctionnant «injustement» certains d’entre eux sans autre forme de procès. «Les questionnaires sont monnaies courantes dans cette société en plus des sanctions infligées sans motifs valables.
Toutefois, nous sommes restés stoïques devant cette situation et nous n’empêchons nullement les chargements des camions privés qui viennent se ravitailler sur le site», explique Said qui affirme que les chauffeurs en arrêt de travail ne font qu’observer un piquet de grève de 8h jusqu’à 16h30. À noter qu’hier après-midi, aucun responsable de cette entreprise n’a pu nous recevoir pour donner leur version des faits.
Hafidh Bessaoudi

