Les services de la commune d’Akbou ont procédé, la semaine dernière, à l’enlèvement de plusieurs panneaux publicitaires installés anarchiquement à travers la ville. Cette opération faisait suite à un constat de «non-respect des espaces attribués à cet effet», indique-t-on.
«La procédure a été entamée en présence d’un huissier de justice, pour faire un topo sur la situation», explique une source municipale. «Les contrats de location sont arrivés à terme et n’ont pas été renouvelés. Le but est de réorganiser ces espaces et faire respecter la réglementation», ajoute-t-on.
Des panneaux ont été installés sans aucune autorisation. «Des mises en demeure ont été adressées aux concernés», ajoute la source, expliquant que cette démarche se veut «un gage de transparence» pour «réorganiser» tous les espaces dédiés à l’affichage publicitaire et «optimiser» la concession de tout le patrimoine de la commune jusque-là délaissé.
Les élus de l’opposition, tout en saluant l’initiative, estiment néanmoins que l’opération «a beaucoup tardé». «Il aura fallu attendre 14 mois pour passer à l’action et nous ignorons toujours les tenants et les aboutissants de cette affaire», dira Ibalidène Boussad, élu à l’APC d’Akbou. Il dénonce : «L’exécutif a refusé de mettre à notre disposition les contrats des afficheurs». Une accusation vite démentie par les élus de l’exécutif. «Nous n’avons rien à cacher.
Il nous a fallu du temps pour suivre toutes les procédures nécessaires afin de passer à l’action», se défendent-ils. Pour rappel, l’attribution de ces espaces avait constitué «un véritable casse-tête» pour l’ancien exécutif. En effet, un marché de gré à gré avait été attribué à un afficheur très connu à l’échelle nationale.
Le bénéficiaire a installé une quarantaine de panneaux de multiples dimensions sur tout le territoire urbain de la ville du Piton, «sans prendre en compte» les mesures réglementant ce genre de prestation. Ledit afficheur aurait, en contrepartie, «alloué gratuitement des abribus au profit de la municipalité», dénoncent-on.
Cette affaire, selon nos sources, serait même traitée par le tribunal administratif de Kherrata. Par ailleurs, il n’est pas aisé de comprendre la règlementation de ce genre de marché, qui est devenu une tendance de «management» pour les entreprises qui se permettent de s’approprier des espaces publicitaires, «alors que ça devrait relever de la compétence de professionnels du métier», dénonce-t-on encore. Les panneaux publicitaires sont légion tout au long de la RN 26.
A Thaharacht, au niveau du rond-point, le constat est affligeant. Une dizaine de pancartes, de grandes dimensions, se succèdent, sans respect d’aucune distance. «J’ai eu des autorisations d’exploitations au niveau de la willaya de Bouira. C’est une commission composée d’agents de la DTP, de l’ANA et des Domaines qui étudient et attribuent des espaces», explique le gérant d’une boite de communication à Tazmalt que nous avons contacté.
«Les Domaines perçoivent 700 DA pour le mètre carré, par mois», fait savoir notre interlocuteur. D’après nos sources, une note du ministère des Travaux publics a été envoyée à la direction de Béjaïa pour «l’enlèvement massif» de ces panneaux installés «anarchiquement» tout au long de la RN 26. Mais cette note serait, selon un afficheur local, «confrontée à des afficheurs mastodontes», de grandes entreprises.
Menad Chalal

