Accueil Kabylie Le cadre de vie en dégradation avancée

Le cadre de vie en dégradation avancée

1496

Communément appelé “Village socialiste” pour être réalisé à la fin des années 70 dans le cadre de la défunte “révolution agraire”, le village de Adila, situé à quelque cinq kilomètres de la ville de Tizi Ghenif sur la route d’Alger, se dégrade de plus en plus.Durant les années 90, ce lieu était pris d’assaut par les habitants des localités avoisinantes notamment pour son “souk El Fellah et les autres annexes tel le Hammam. Aujourd’hui il a changé complètement de décor. D’abord, il y a lieu de signaler que même l’architecture est transgressée par l’extension de ceux ayant acquis les logements initialement attribués aux fellahs. Quant au bureau de poste il a été fermé depuis belle lurette. D’ailleurs, lors notre virée dans cette localité, les habitants nous ont fait savoir que même le facteur ne passe pas à Adila si bien que beaucoup d’entre eux ne savent plus où retrouver leur courrier. Le centre culturel n’est plus opérationnel. L’antenne de mairie est habitée par un citoyen. Ce ne sont-là que quelques dégradations qu’on peut citer car la liste est longue. Même l’imam du village que nous avons rencontré se plaint car il n’a pas trouvé son logement. “Pourtant, ma mission exige à ce que je bénéficie d’un logement car il faut être présent à la mosquée pendant les cinq prières quotidiennes” nous a dit ce religieux. On ne peut parler de village de Adila sans citer cette décharge publique qui empoisonne la vie aux habitants et aux riverains. Effectivement en dépit des nombreuses réclamations émises par le mouvement associatif, ces monticules de déchets de tout genre sont toujours là une façon de meubler ce décor verdoyant. “A quand la délocalisation de cette décharge ? C’est un désastre écologique d’une part et c’est aussi un danger pour la santé publique. Messieurs les responsables, nos malades souffrent. Evacuez ces déchets”. Ce sont les supplications entendues ça et là dans toute cette contrée. Car, ce dépotoir porte atteinte à toute la population. Cela étant, les habitants du village agricole attendent un geste des pouvoirs publics en vue de rénover toutes les dégradations pour donner à Adila un nouveau visage.

Amar Ouramdane