Bouira – La mobilisation ne faiblit pas !

Les résidus de l’ancien système ont été une fois de plus hués à travers les artères de la ville de Bouira en ce 35ème vendredi de marche pacifique. À peine 13 heures, des centaines de citoyens étaient déjà regroupés sur la place publique de la vieille ville ainsi qu’au niveau du jardin Si El Houas. La mobilisation citoyenne était à son paroxysme en affichant pancartes, banderoles, posters, sans oublier le drapeau amazigh ainsi que l’emblème national qui étaient arborés fièrement. Les slogans évoqués concernent le départ de tous les symboles qui se sont succédé à la tête du pouvoir ces 20 dernières années, avec également la libération des détenus d’opinion, à l’image de Bouregaa, des trois jeunes de Haïzer et de l’ensemble des détenus incarcérés pour s’être exprimé librement.

Au fil de l’itinéraire menant de la place publique au siège de la wilaya, en arpentant le boulevard jusqu’au Château d’eau, en redescendant vers l’ex-gare routière pour se retrouver au Pont Sayeh, les manifestants ont ponctué la litanie des slogans hostiles au pouvoir avec des chants patriotiques, comme «Mawtini», «Min djibalina» ou encore l’hymne national «Kassamen». Parmi la foule, un manifestant brandissait le portrait de Krim Belkacem sur lequel était inscrit «Le signataire de l’acte de naissance de l’Indépendance de l’Algérie a été assassiné le 18 octobre 1970 en Allemagne par la 3issaba». Les autres slogans avaient trait au projet de loi sur les hydrocarbures : «Non à la mise en vente de l’Algérie», «Pour une transition pacifique, pour une deuxième République», «Ulac l’vot ulac avec la 3isaba», «Au lieu de fermez les églises, fermez le temple des païens qu’est l’APN», «Prenez votre retraite et laissez-nous vivre, partez et laissez-nous construire une nouvelle Algérie». L’agenda électoral prévoyant les élections présidentielles pour le 12 décembre prochain est une date qui a été une fois de plus rejetée massivement par les manifestants durant toute la marche. L’ingérence des pays étrangers ayant des intérêts financiers en Algérie a été fortement décriée également.

Hafidh Bessaoudi