Ce qui se passe tous les jours au pavillon des urgences de l’EPH Kaci Yahia de M’Chedallah est tout simplement intolérable.
Et pour cause. Ce qui a été conçu pour être un service de prise en charge des malades graves et autres accidentés offre le malheureux décor d’un authentique souk. En effet, des dizaines de malades, leurs accompagnateurs et le corps médical se mêlent pour ne pas dire s’entassent pêle-mêle dans une foule bigarrée produisant un brouhaha assourdissant, au sein d’un local exigu à l’ extrême. Couloirs, salles de soins et cabinet de consultation débordent, au même titre que le hall d’entrée et la minuscule cour que se disputent les ambulances du secteur sanitaire, ceux de la Protection civile et souvent les services de sécurité et les véhicules particuliers. Mercredi matin, par exemple, pas moins de 5 médecins généralistes et une bonne dizaine de paramédicaux évoluaient dans une anarchie totale pour prendre en charge une cinquantaine de malades et gérer au mieux leurs accompagnateurs.
Cette lamentable situation est due a l’absence d’un service de tri des malades pour déterminer les vrais cas d’urgence et orienter le reste des malades vers la consultation de la polyclinique de l’EPSP, mitoyenne à ce pavillon des urgences, se partageant la même infrastructure qui est un ancien centre de santé, ce qui explique, en partie, l’exiguïté du service des urgences. Pour rappel, le service de tri, qui fait cruellement défaut, a été testé en 2014, lors de la visite de l’ex-ministre de la santé, Boudiaf. Malheureusement, il a été fermé quelques jours, après son passage. Par ailleurs, une source proche du pavillon des urgences a affirmé qu’environ 150 malades sont consultés chaque 24 h, en plus des accidentés de la circulation routière ou de la campagne oléicole. A noter que la circonscription territoriale de l’EPH Kaci Yahia de M’Chedallah s’étend sur deux daïras, à savoir M’Chedallah et Bechloul, composées de 12 communes, qui abritent plus de 150 000 habitants. L’autre problème qui affecte le service et le manque d’orthopédistes, avec un seul assurant une journée de garde par semaine.
Oulaid Soualah

