Le commerce informel gagne chaque jour un peu plus de terrain. Depuis le début de ce mois sacré, de nouveaux espaces publics ont été accaparés par des vendeurs à la sauvette un peu partout à travers la wilaya de Bouira, en témoignent les nombreux marchés improvisés aux abords des routes à grande circulation, comme les RN 5, 15, 26 et 18, et à la périphérie des grandes agglomérations. C’est incontestablement durant le mois de Ramadhan que le phénomène connaît un «boom».
Comme chaque année en cette période, des dizaines de nouveaux marchands exerçant dans l’informel prennent d’assaut les accotements des routes et les rares espaces encore libres à l’intérieur des agglomérations, pour proposer toutes sortes de denrées aux passants et usagers de la route. Aux abords des RN 5 et 15, pour ne citer que ces importantes routes de l’Est de la wilaya, plusieurs points de vente au noir se succèdent. De Oued D’hous, à la sortie de la ville de Bouira, jusqu’à Ahnif, des dizaines de marchands de fruits et légumes squattent les accotements de la RN5 pour proposer fruits et légumes aux usagers.
Deux importants sites sont localisés sur cette route : un à la sortie de la ville de Bouira et l’autre au lieu-dit Sonda, dans la commune d’El-Esnam. Sur la RN15 aussi, d’importants sites de l’informel sont recensés et dont certains sont vieux de plusieurs années. L’on peut citer ceux se trouvant à l’entrée et à la sortie de la localité de Raffour et celui de Chorfa. Ce dernier demeure incontestablement le plus important à travers la wilaya. Recourant souvent à des étals de fortune ou se servant de leurs camionnettes pour exposer divers produits de consommation, les commerçants activant au noir prennent d’assaut chaque matin ces lieux publics pour ne «lever le camp» qu’à quelques minutes de la rupture du jeûne.
Au-delà du fait que cette activité est nuisible à l’économie, car engendrant un important manque à gagner en termes de recettes fiscales, celle-ci représente un danger sur la santé des consommateurs, les marchandises proposées à la vente, particulièrement les fruits et les légumes, sont exposées à la poussière, aux gaz d’échappement et surtout aux rayons du soleil. Certains produits, comme les dattes et les fraises, sont hautement périssables et ne supportent, donc, pas l’exposition trop longtemps au soleil.
Le risque d’intoxication est d’autant plus accru pour les consommateurs que le mercure ne cesse de grimper depuis le mois de Ramadhan et les marchandises sont exposées des heures durant au soleil. A signaler aussi l’importante affluence des clients vers ces sites. Pis encore, cette activité non réglementée est à l’origine d’autres nuisances, notamment celles liées au trafic autoroutier. A hauteur des sites cités plus haut, la circulation automobile est constamment congestionnée, et ce, à longueur de journée.
Cette situation est due aux stationnements anarchiques des usagers fréquentant ces sites, et surtout à l’empiétement des intervenants sur le bitume. Enfin, cette activité se répercute sévèrement sur l’environnement puisqu’elle génère d’énormes quantités de déchets, chaque jour. En effet, des détritus de toutes sortes sont souvent laissés sur les lieux et parfois éparpillés dans la nature, impactant du coup l’environnement. Si le phénomène prend une telle ampleur c’est parce que cette activité n’est soumise à aucun contrôle, surtout durant le mois de carême.
Djamel M.

