La rentrée scolaire sera encore plus dure que les dernières années. Les parents dont les porte-monnaie ont été mis à mal durant toute l’année sont appelés à mettre encore la main à la poche.
Dans la grande rue de Michelet où les étals d’articles scolaires prennent le dessus sur ceux des fruits et légumes, les vendeurs d’articles scolaires, entourés d’une foule d’enfants accompagnés de leurs parents, sont plus nombreux que jamais. Un père qui vient d’acheter un cartable à 5000 dinars bénéficie d’une ristourne puisqu’il a déjà pris une blouse de piètre qualité à 800 dinars.
«On lui a gardé les vêtements de l’Aïd pour la rentrée. Pour l’envoyer à l’école, habillé décemment, il faut dépasser 25 000 dinars», nous dit Hamid, un autre client qui négocie le prix d’un sac, ajoutant qu’«on s’attend à une autre facture avec les cahiers et autres affaires scolaires». En contrebas, l’aire des fruits et légumes est moins ciblée par les habitués du marché. Ce qui n’empêche pas les marchands ambulants d’afficher des prix défiant la raison.
Pour éviter les questions des clients, un vendeur n’a pas hésité à poser un grand écriteau sur la caisse remplie de citrons verts. Le prix, «700 dinars», visible de loin, n’empêche pas d’attirer les questions des curieux qui n’en croient pas leurs yeux, face au marchand qui affiche un sourire narquois et en hochant la tête en guise d’acquiescement. Quant à savoir s’il arrive à écouler ce fruit qui semble si rare, le vendeur nous confie que les «acheteurs n’en prennent qu’un ou deux à la fois». «De l’inimaginable !» répète un vieil homme qui n’arrive pas à s’expliquer une telle bizarrerie.
Cependant, avec ce qu’ils ont déjà vu avant la fête de l’Aïd, où tout se vendait à plus de cent quatre vingt dinars, les abonnés du marché d’Aïn El Hammam, habitués à payer cher leurs fruits et légumes passent leur chemin sans trop de commentaires. «Même au café d’en haut, on ne vend plus de jus de citron nature», dit un jeune homme. Les pères de familles ne savent plus à quel saint se vouer. Même ceux qu’on appelle habituellement «les bourses moyennes», se plaignent tout autant que les plus pauvres face aux prix affichés ces derniers temps.
Après les fêtes religieuses, entrecoupées de mariages et autres circoncisions où les cadeaux sont inévitables, les portefeuilles se retrouvent à sec. Les petites et moyennes bourses dont les salaires stagnent depuis longtemps ne sont pas avares de commentaires acerbes, sachant qu’ils pourront difficilement assurer le pain quotidien à leurs enfants, sans s’endetter.
A. O. T.

