CONSEIL DES MINISTRES – Éducation et formation professionnelle – Les réformes fixées par Tebboune

La sinistrose qui affecte l’école algérienne est plus grave que ce qui a été diagnostiqué, ces deux dernières décennies. Et c’est «l’exposé analytique» présenté par l’actuel ministre de tutelle, avant-hier, devant le Conseil des ministres, qui le confirme. Prédominance de la mémorisation et restitution, obsolescence de la réflexion et de l’esprit d’initiative face à l’assistanat et le parcœurisme, programme surchargé… sont autant de tares soulevées dans l’exposé présenté par Mohamed Ouadjaout, au Conseil des ministres tenu sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune, avant-hier.

Dans son «exposé analytique», présenté au chef de l’État, Ouadjaout a également soulevé le recul des filières mathématiques et math-techniques ainsi que l’enseignement technologique. S’appuyant sur des chiffres pas du tout flatteurs pour notre pays, le ministre a indiqué que l’enseignement des mathématiques et math-techniques ne dépasse par 3,46%, et qu’il est à 15,8% concernant l’enseignement technologique, alors que la moyenne mondiale est de 30%.

Dans son exposé, le ministre de l’Éducation a présenté sa feuille de route «pour l’amélioration de la qualité de l’enseignement et la prise en charge des élèves, en termes de conditions de scolarisation et la valorisation de leurs compétences et mérite, en associant tous les acteurs à travers la mise en place d’une batterie de mesures d’urgence, englobant l’allègement du poids du cartable, grâce à des fiches pédagogiques, outre l’élargissement des instituts de formation des personnels et la révision du système de formation spécialisée et continue», a indiqué le communiqué du Conseil des ministres, lequel a souligné à ce propos que le ministre de l’Éducation s’attèlera à «la promotion des filières mathématiques et math-techniques pour augmenter le taux d’accès à ces filières avec la prise de mesures incitatives dans le but d’encourager les élèves à s’orienter vers elles, comme la possibilité d’accéder aux spécialités très demandées, dont la médecine et la pharmacie».

Comme second point, la feuille de route a prévu «l’augmentation du taux d’accès à l’enseignement technologique». Et le communiqué de préciser : «Cette approche vise une réforme sérieuse du système éducatif pour permettre aux citoyens de constater le changement radical dès la rentrée scolaire 2020-2021. »

«Barrer la route à l’invasion culturelle»

Le Conseil des ministres a, en outre, suivi l’exposé présenté par la ministre de la Formation et l’Enseignement professionnels, axé essentiellement sur la mise en place du baccalauréat professionnel devenu effectif, cette année. Pour la ministre, Hoyam Benfriha, «la concrétisation de ce projet requiert la prise de mesures urgentes, comprenant la mise en place d’une ingénierie pédagogique spécifique au baccalauréat professionnel, en collaboration avec les ministères de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, en plus de la création d’un office d’examens et de concours propre au secteur et la préparation de la rentrée professionnelle 2020-2021».

Pour Hoyam Benfriha, «ce projet s’inscrit dans le cadre de la stratégie visant la réalisation d’un décollage économique nécessaire au développement, ce qui implique le lancement de la numérisation du secteur durant la période 2020-2022, la modernisation des outils de gestion administrative et comptable, l’adaptation de la formation professionnelle à l’environnement économique à travers la promotion de la formation continue, l’ouverture d’un institut national spécialisé dans le domaine de l’agriculture saharienne, au niveau de chaque wilaya du Sud, l’amélioration des conditions de formation à travers le renforcement du réseau des structures d’accueil, l’augmentation de la capacité d’accueil des candidats du niveau de troisième année secondaire et la création d’établissements destinés aux catégories spécifiques, notamment dans le Sud».

Lors de son intervention, le président de la République a précisé que «l’Algérie a franchi de grands pas, en termes de nombre de spécialités de la formation professionnelle. Dans ce sens, il a mis en avant l’impératif d’introduire de nouvelles matières dans le cadre de la modernisation du développement, en adéquation avec les besoins de l’économie nationale, à l’image de l’intelligence artificielle et de l’énergie solaire», selon le communiqué répercuté par l’APS.

Tebboune, après avoir demandé «l’approfondissement de l’étude sur le baccalauréat professionnel, afin qu’il apporte un plus qualitatif au système de formation», a instruit «la mise en place d’un baccalauréat professionnel artistique, afin de combler le manque dans le domaine de la production culturelle, en général, et de l’industrie cinématographique, en particulier, vu les recettes qu’elle génère pour l’économie et sa capacité à barrer la route à l’invasion culturelle».

M. A. T.