Ath Bouyoucef – L’éternel problème de manque d’eau

S’il y a bien une commune à Bgayet qui souffre de l’absence d’eau potable et d’irrigation, en quasi-totalité des saisons et pire en été, c’est bel et bien Tamridjet, une commune à l’aune d’un village coincé au creux de la montagne Zène, près des Monts du Bâbor, dans la wilaya de Béjaïa.

Dame nature a pourtant béni ce territoire en matière de ressources hydriques. Rien qu’au village Aït Bouyoucef, on trouve une vingtaine de sources d’eau. Certaines sont sises dans des endroits inaccessibles et restent, de ce fait, inexploitées. Celles qui sont accessibles sont aménagées en fontaines publiques d’où s’approvisionnent la majorité des habitants, qui remplissent leurs jerricans et autres seaux et citernes. Une corvée qui n’est pas seulement réservée aux adultes et aux pères de famille, mais aussi aux enfants.

Certes, de par le passé, les autorités locales avaient pris des initiatives en matière de captage de ces sources d’eau au profit de la population qui souffre le martyre, mais, ces mégaprojets, une fois réalisés, deviennent caducs. Car, le projet, y compris les études, apparaît inconcevable. La réalisation pose d’énormes difficultés. A titre illustratif; la source d’eau située au limites géographiques de la frontière administrative de la commune de Draguina captée il y a une vingtaine d’années, a un débit très important mais son adduction n’a pas suivi.

Les études de faisabilité, en APS et APD, comprenant le suivi et le contrôle de la réalisation, sans toutefois oublier la garantie, doivent être prises en compte au préalable dans les documents contractuels lors de l’attribution du marché. Quant aux sources d’eau destinées à l’irrigation, aucune importance ne leur a été accordée. L’eau est déversée en plein nature sans que personne ne se soucie de son captage. Les rares agriculteurs qui l’utilisent trouvent d’énormes difficultés pour sa canalisation car les travaux d’entretien des ruisseaux, dans le passé, s’effectuaient dans le cadre d’un volontariat.

De nos jours, les mentalités sont orientées vers le gain facile et les champs agricoles sont abandonnés. «L’agriculture de montagne ne nourrit pas la famille», avancent les jeunes rencontrés sur les lieux de fontaines publiques. La population interpelle énergétiquement les autorités locales pour que ce problème d’eau ne soit pas éternel.

La direction de l’hydraulique locale ne doit pas invoquer le motif des procédures réglementaires quant à l’inaboutissement du projet AEP Tamridjet, car il y va de la santé de la population. Devant cette situation alarmante, la population s’est exprimée à maintes reprises, devant le siège de la mairie, mais en vain.

Nadir Hama