AÏN EL HAMMAM – Démolition de deux immeubles inclinés au centre-ville – L’opération tire à sa fin

Le danger représenté par la menace d’effondrement des deux bâtiments du centre-ville d’Aïn El Hammam est maintenant écarté. Ces immeubles, affectés par le glissement de terrain viennent de connaître le sort qui leur est réservé depuis qu’ils avaient donné des signes d’inquiétude, en commençant à pencher dangereusement vers l’aire du marché. Les quatre étages des deux immeubles ne sont plus qu’un tas de gravats où se mêlent des restes de béton, de bois provenant de la toiture et des portes que les propriétaires ne se sont pas donné la peine d’enlever, de faïence et autres matériaux de construction.

Les engins toujours en place, s’affairent maintenant à charger les nombreux camions qui doivent évacuer les déblais vers un ravin situé à quelques encablures de la ville, face au hameau d’Aseqif N Tmana. Cette opération de démolition, inévitable par ailleurs, ne s’est, pourtant pas, passée sans beaucoup de désagréments et surtout de douleur pour les commerçants et les habitants qui y résidaient. Certains propriétaires des lieux, sans moyens financiers pour se refaire ailleurs, sont maintenant au chômage, depuis déjà deux mois. Les commerçants et les habitants des bâtiments d’en face ont souffert de la poussière qui s’infiltre par les moindre interstices.

«Nous avons tout calfeutré et n’avons pas ouvert une seule fenêtre depuis le début de l’opération. Ce qui ne nous a pas empêché d’enlever chaque matin des couches entières de poussière qui se sont déposées sur nos meubles, sur le sol et partout dans la maison», nous dit un locataire qui attend avec impatience la fin de l’opération. Les nuages de poussière qui montent haut dans le ciel, et emportés par le vent, ont atteint même les maisons situées au centre-ville. Chabane, un habitant des batiments limitrophes, ajoute que «les vibrations sont notre lot quotidien. Les coups de boutoir des engins génèrent des mouvements qui atteignent nos maisons», situées à une centaine de mètres du lieu des travaux. «Nous prions pour qu’il n’y ait pas de conséquences facheuses sur l’état de nos demeures», ajoute-t-il.

La fermeture partielle de la rue a, selon un riverain, fait fuir la clientèle qui préfère s’approvisionner ailleurs. Par ailleurs, la désorganisation de cette partie de la ville, entraînant la fermeture d’une partie de l’aire du marché hebdomadaire, a eu pour conséquence d’éloigner de nombreux marchands ambulants, étrangers à la région. Ceux qui n’ont pas trouvé d’emplacement en ville se sont rabattus sur la sortie Ouest, face au monument. «Nous attendons la fin de l’opération avec impatience pour que les choses redeviennent comme avant», s’impatientent les commerçants et les habitants de ce quartier sinistré.

A. O. T.