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Guenoun Djoudi, directeur des services agricoles

«La saison est tout juste moyenne»

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Dans cet entretien, le DSA, Guenoun Djoudi, affecté il y a moins d’un mois et demi à la tête du secteur dans la wilaya, en remplacement de l’ancien, parti en retraite, est revenu tout particulièrement sur la culture céréalière dans la wilaya.

La Dépêche de Kabylie : La campagne moisson-battage bat son plein, en dépit du mois de Ramadhan. Peut-on légitimement espérer qu’elle serait meilleure que la précédente ?
Guenoun Djoudi : Meilleure ? Non ! Elle est tout juste moyenne ! Quand on sait dans quelles conditions climatiques la campagne labours-semailles a eu lieu, on devrait s’estimer plutôt heureux. Ceux des céréaliers qui avaient bravé la sécheresse qui sévissait au début, se sont fait piéger par celle-ci. Ceux qui avaient attendu les premières pluies avait pris trop de retard…Voilà la situation et on ne peut pas dire qu’elle n’a pas été préjudiciable.

Que disent les prévisions à ce sujet ?
Généralement, elles sont optimistes. Mais, elles sont loin de refléter la réalité. Et celle-ci est fort complexe. Dans les zones à haute valeur agricole, le rendement à l’hectare peut se situer dans une fourchette comprise entre 35 et 40 quintaux. Dans les zones semi-pastorales, la fourchette est de 18 à 20 quintaux. Mais celle-ci est quasiment nulle dans les zones pastorales où le rendement tombe à 2 ou 3 quintaux à l’hectare. Il y a également lieu de tenir compte des parcelles irriguées où le rendement peut influer sur le rendement général. (Elles sont 3000 ha et le rendement peut atteindre 60 ha). En moyenne, le rendement se situe entre 18 et 22 ha. Au total, nous tablons sur une production de l’ordre d’un million de quintaux.

On dit que le stress hydrique a empêché la graine d’être pleine…
C’est juste. Le poids de mille grains de blé est compris dans une fourchette allant de 60 à 80 grammes. On a procédé à des prélèvements d’échantillons sur 69 points. Chacun d’eux correspond à un mètre carré dans le champ de blé. Ces points ont été localisés par le ministère par GPS. Et ils nous ont été communiqués dans ce but. Nous connaitrons les résultats de la pesée dès demain. Si vous aviez retardé votre entretien d’une journée, vous en auriez eu connaissance.

Voilà plus de deux semaines que la campagne est lancée. Pouvez-vous faire le point sur la situation sur le terrain ?
Vous savez, là aussi il y a un problème : l’humidité de l’air. Ce contretemps freine les efforts. On est obligés d’attendre que le soleil en chasse la moindre trace avant de lancer les moissonneuses-batteuses dans les champs. Sans quoi, leur efficacité serait amoindrie. Malgré tout, on a dépassé les 60 000 quintaux. Ce qui est plutôt de bon augure.

La superficie emblavée est toujours la même. Mais les moyens, dispose-t-on des mêmes ?
La superficie est, comme vous savez, de 70 000 hectares. Mais les moyens ne cessent d’augmenter afin d’optimiser le rendement de l’effort. Nous avons de nouveaux tracteurs, de nouvelles machines et nos ouvriers agricoles travaillent d’arrache-pied en dépit du mois de Ramadhan et du carême. Tel que vous me voyez, je viens de faire 170 km à travers les trois daïras où sont implantés les 11 points de collectes. Ce sont Aïn Bessem, Sour El Ghozlane et Bouira. Grâce à ces points de collecte, les longues attentes devant ces centres en nombre fort réduit il y a quelques années, ont disparu. Aujourd’hui, avec la multiplicité des points de collecte, la livraison de la récolte se fait en un temps record. Il y a encore cette initiative dont on ne saluera jamais assez les retombées bénéfiques et que le wali soutient à fond : l’installation d’un guichet unique qui fait que l’agriculteur encaisse son chèque immédiatement après la livraison de son grain.

Vous êtes nouvellement installé à la tête de ce secteur. Que comptez-vous lui apporter ?
Le dynamisme. Je suis un technicien de formation. Autant dire, je suis un homme de terrain. Je privilégie l’effort et le travail qui sont les seuls critères de réussite. Je suis au boulot bien avant huit heures du matin et je ne dételle jamais avant 18 heures. Je suis décidé à ce qu’autour de moi, tout le monde prenne conscience de ces valeurs afin de donner un nouvel élan au secteur qui en a grand besoin.

Aziz Bey