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CHEMINI - Pour exiger la libération des détenus d’opinion

Grève générale et marche populaire

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La population de Chemini a massivement adhéré, hier, au mot d’ordre de grève générale à laquelle a appelé le Comité pour la libération des détenus. Cette grève, observée de 9 à 13 heures par l’ensemble des commerçants, des administrations et des entreprises publiques et privées de la commune, a été appuyée par une marche populaire, qui a drainé plusieurs milliers d’habitants de la daïra, pour réclamer la libération de tous les détenus d’opinion, dont Arhab El Bachir, enfant de la région.

La marche d’hier s’est ébranlée vers 10h de la stèle Massensen en direction du monument dédié aux détenus du 19 mai 1981. «Nous sommes sortis dans la rue aujourd’hui (ndlr, hier) pour dire basta à la hogra et à l’incarcération abusive des enfants du peuple», a déclaré l’un des manifestants ayant pris part à cette marche populaire. Outre la libération des détenus politiques et d’opinion, les manifestants, qui brandissaient les drapeaux national et amazigh, ont réitéré les principales revendications du Hirak, notamment le rejet de l’élection présidentielle projetée pour le 12 décembre prochain. «Notre combat continuera jusqu’à la chute du système. Nous sommes descendus dans la rue aujourd’hui (ndlr, hier) pour exiger la libération des détenus d’opinion et exprimer notre rejet catégorique de la mascarade électorale que compte organiser le pouvoir», a affirmé un autre manifestant.

Rassemblement devant la Cour de Béjaïa

Par ailleurs, des dizaines d’autres citoyens de la wilaya de Béjaïa se sont rassemblés, hier, devant la cour de justice de Béjaïa en guise de soutien à Djillali Aounit, arrêté à la fin de la marche de vendredi dernier pour avoir manifesté en compagnie de son… âne. Il a été interpellé et auditionné avec sept autres manifestants. Toutefois, il était le seul à avoir été présenté, hier, devant le procureur de la République près le tribunal de Béjaïa, lequel a ordonné une procédure de comparution directe devant le juge.

Djillali Aounit avait passé la nuit du vendredi 20 septembre au commissariat central de Béjaïa. Selon les déclarations de son avocat, Djamel Youb, le prévenu est poursuivi pour «offense au magistrat et à l’autorité publique» sur la base de l’article 144 du Code pénal algérien. Djillali Aounit, originaire de la commune de Timezrit, risque deux mois à deux ans de prison ferme et une amende allant de 1 000 DA à 500 000 DA. Finalement, le tribunal de Béjaïa a décidé de reporter le procès au 29 septembre prochain, tout en ordonnant sa mise en liberté provisoire, après que ses avocats ont fourni «des garanties suffisantes» de sa comparution le jour du procès.

B. S.