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COMMERCE - Importation de véhicules de moins de 3 ans

Le gouvernement temporise!

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L’autorisation d’importer des voitures de moins de trois ans, dont les contours ont été publiés dans le Journal officiel, est suspendue. Les autorités veulent mettre d’abord un cadre technique très strict permettant un contrôle rigoureux de la qualité des véhicules à importer.

«L’État veut prendre tout son temps, afin de bien cerner le dossier et arrêter les normes techniques applicables au contrôle de ces voitures, car nous ne voulons pas faire de l’Algérie le dépotoir des véhicules usés européens», a déclaré, hier, le ministre du Commerce, Kamel Rezig, lors d’un point de presse tenu à l’issue de sa rencontre avec les présidents des chambres de commerce et les exportateurs algériens. Rezig s’est, par contre, longuement penché sur la problématique de la production et la commercialisation du lait pasteurisé qui connaissent d’énormes perturbations. A ce sujet, le ministre du Commerce a donné une semaine à ses directeurs de wilaya pour lui présenter un rapport détaillé sur la destination de la poudre de lait : «Il est anormal que ni le ministère du Commerce ni celui de l’Agriculture ne disposent d’indicateurs ou d’informations sur la destination que prend la poudre de lait», a-t-il regretté.

«Les directeurs de wilaya ont une semaine pour me faire parvenir toutes les statistiques concernant la poudre de lait», a-t-il indiqué. Il a également promis de sévir contre ceux qu’il a qualifiés de «mafia du lait», tout en avertissant les commerçants et distributeurs. «Désormais, nous allons agir sévèrement contre tous ceux qui font dans la spéculation et le trafic de cette matière subventionnée par l’État», a promis le ministre. Pour lui, «il n’est pas normal de produire 4,7 millions de sachets de lait pour ne pas le trouver sur le marché !», tout en rejetant toute augmentation dans la production. «A quoi sert-il de produire plus, alors que ce qui est produit n’arrive pas à la bonne destination ?», s’est-il interrogé. Voulant prendre de l’avance sur le phénomène de la spéculation qui sévit au mois de Ramadhan, Kamel Rezig a rappelé que «les spéculateurs profitaient du mois de carême pour fructifier leurs gains sur le dos des Algériens, alors que les ministres du Commerce et de l’Agriculture restaient immobiles». Pour lui, cette pratique est «terminée».

Et de continuer : «Je vous promets que le prochain mois de Ramadhan sera celui de la piété, de la prière et la joie et non le mois des tracasseries et des problèmes que l’envolée des prix engendre sur le moral de l’Algérien.» Le ministre du Commerce a réitéré : «Nous allons mettre un terme aux problèmes que l’on impose aux consommateurs algériens durant ce mois de carême.» Il a aussi promis de donner «des coups de sabre à la mafia et la bande qui sévit» dans son secteur : «L’ère de donner des coups de sabre et de couper des têtes a bien commencé dans le secteur du commerce. Ceux qui veulent se mettre à mes côtés sont les bienvenus. Quant à ceux qui craignent pour leur personne, je leur demande de débarquer tout de suite. Il n’y a plus de temps pour l’hésitation ni la peur.»

Rezig, qui s’est attardé sur le dossier du lait pasteurisé, a par ailleurs précisé que le «même traitement sera réservé à l’ensemble des dossiers» de son secteur, soulignant que le prochain à être traité de la même manière est celui du pain. «Nous allons traiter tous les dossiers un par un. Nous avons commencé par celui du lait pasteurisé, le prochain sera celui du pain et de la farine panifiable», a-t-il précisé. Au sujet des restrictions à l’importation, le ministre du Commerce qui a, au passage, assuré présenter «très prochainement l’avant-projet de restriction du secteur devant le Conseil des ministres», a insisté sur la mesure d’interdiction d’importer certains produits, dont la disponibilité est assurée par la production locale. «Nous n’aurons plus à importer que ce dont nous avons réellement besoin», a assuré Kamel Rezig, tout en soulignant que cette interdiction à l’importation ne devrait pas faire niche au monopole.

«L’interdiction d’importer certaines marchandises ne veut pas dire que nous ouvrons les portes au monopole. L’État offre des avantages et des garanties aux producteurs locaux de protéger leurs marchandises et de leur garantir le marché, mais ils doivent être sérieux pour assurer la disponibilité et la qualité de leurs produits. Dans le cas contraire, nous allons sévir et couper tous les avantages que nous leur octroyons», a martelé le ministre du Commerce.
M. A. T