Puisque l’agriculture n’a pas pu nous donner la tomate au même prix tout au long de l’année et que le tourisme n’a pas su attirer le monde au sacà-dos, l’on se retrouve à monter des Smartphones et des plasmas sur les terres fertiles qui ont naguère donné beaucoup de blé à l’Europe et sur lesquelles on continue de planter du fer à béton pour ériger plus d’étages que les demeures de nos grands-pères. Mais l’année, même bissextile, peut réserver bien des surprises. Eniem et Condor peuvent quitter à tout moment le stade faute d’arbitres et de sécurité bancaire et surtout parce que les pis de la vache se refusent de se laisser tirer sans contrepartie.
De cette panne, espérant qu’elle n’en est qu’une, l’Algérie gagnera des dollars à réserver pour d’autres changes et perdra simultanément des dinars à mettre dans les caisses du Trésor pour payer les retraités, les patients de la gratuité des soins et les employés de la fonction publique, même ceux qui font souvent des grèves. Importer des composants à coups de devises pour les confier à des monteurs d’entreprises de montage est-il moins coûteux que d’importer en l’état l’appareil ? Un téléviseur LED coûte plus de 800 euros en moyenne, donc évitons d’aller au Square Port Saïd avec une mince liasse de dinars !
Si des études avaient pris soin d’éclairer tous ceux qui sont en charge de veiller à la bonne santé de notre économie, on n’en serait pas arrivés aujourd’hui à renvoyer des employés chez eux pour en faire des chômeurs «techniques». Heureusement que l’Algérie compte Belmadi et… Hayat, cette femme des Aït Djennad qui, pour avoir mis son art et ses doigts dans la farine, à réussi à décrocher le premier prix qui fait d’elle la meilleure boulangère d’Afrique. Merci à Aghribs de nous avoir donné cette fierté et à Hayat d’avoir fait rêver ses proches et lointaines voisines qui sauront dorénavant faire périr artistiquement les maux des mâles.
A. B.

