BOUIRA – 23e vendredi de marches – «Pour une refondation du système»

La canicule n’a pas empêché les citoyens de la wilaya de Bouira de sortir une nouvelle fois dans la rue, hier, pour le 23e vendredi consécutif depuis le début du mouvement populaire en Algérie.

En effet, ils étaient plusieurs milliers de personnes à battre le pavé hier à travers les rues de la ville de Bouira, afin de réclamer «un véritable changement démocratique dans le pays». Les manifestants ont aussi avancé des revendications pour la libération de l’ensemble des détenus politiques dans le pays et aussi pour le départ du Président de l’État et du gouvernement de Nourddine Bedoui.

manifestants ont aussi répété des slogans hostiles aux propositions du pouvoir politique pour mener le dialogue et l’organisation d’une élection présidentielle. Les marcheurs étaient unanimes à réclamer l’établissement d’un processus de transition démocratique vers une deuxième République : «Nous ne voulons pas d’un dialogue ou de négociations entre différents partis politiques pour l’organisation d’une élection présidentielle qui ne peut pas être transparente. Le départ du président Bensalah et du gouvernement de Bedoui sont les exigences du peuple algérien qui aspire à une véritable transition démocratique et vers un avenir meilleur sans les figures du système du Président déchu», dira un manifestant. Et d’enchainer : «Nous n’avons pas besoin d’une ingérence étrangère dans les affaires de notre pays. Aucun pays du monde n’a le droit de s’ingérer dans nos affaires et de nous dicter ce que nous devrions faire. Le peuple algérien est souverain et détient la légitimité pour opérer les changements démocratiques nécessaires et reconstruire son propre pays», a-t-il martelé.

D’autres manifestants ont aussi appelé à la dissolution des deux partis au pouvoir (le FLN et le RND), ainsi que l’ensemble des institutions élues du temps de l’ancien Président : «Nous réclamons une refondation du système politique algérien sur des valeurs de démocratie, de justice sociale et d’égalité, nous ne voulons pas d’un dialogue de sourds qui va mener exclusivement à l’élection d’un Président dans le cadre du même système ou à une transition vers un système militaire plus autoritaire que le précédent.

Le hirak populaire a marqué une rupture historique avec ce pouvoir et ne cessera jamais, jusqu’au départ de toutes les figures de l’ancien système et l’établissement d’un État de droit et de justice», a souligné un autre manifestant. «Libérez l’Algérie», «État civil et non militaire», «Pouvoir assassin», «Libérez la justice», «Pas d’élections, pas de dialogue avec la bande au pouvoir», «Système dégage»… étaient d’autres slogans soulevés par les manifestants. Les marcheurs ont traversé les principales rues de la ville avant de se diriger vers l’esplanade de la maison de la culture près du siège de la wilaya. Comme durant chaque vendredi, aucun incident n’a été enregistré hier à Bouira.

Oussama Khitouche.