Une semaine après l’échec de sa réunion pour élire un nouveau secrétaire général du parti, le Comité central tiendra une nouvelle réunion, après-demain mardi, au Palais des congrès Abdelatif Rahal au Club des pins de Staouéli, à l’ouest d’Alger.
L’autorisation du ministère lui a été accordée hier pour la tenue de la réunion de son Comité central pour tenter d’élire le successeur de Djamel Ould Abbes. Ce qui signifiera, par ailleurs, l’éjection définitive du coordinateur de l’instance dirigeante, installée par Bouteflika début février dernier, après la mise «en congé maladie» d’Ould Abbes. Une mise à l’écart qui est toujours perçue comme une éviction.
Hier donc, c’est Ahmed Boumahdi qui a été chargé d’organiser cette rencontre à laquelle prendront part entre 400 et 500 militants du parti. Mardi dernier, c’est à Djamel Ould Abbes que les services de la wilaya d’Alger avaient délivré l’autorisation de se réunir au même endroit. Une réunion qui, pour rappel, a terminé en queue de poisson, au terme d’une journée houleuse durant laquelle certains membres du CC en sont arrivés aux mains.
Une douzaine de noms est en effet en course pour prendre la tête du FLN qui vit des heures très délicates sous l’effet du mouvement populaire né le 22 février dernier réclamant le départ du système, de ses faiseurs et de ses représentants, dans lequel le FLN figure en pole position. Des déchirements sont d’ailleurs apparus au grand jour phagocytant le semblant de cohésion partisane qui s’est nourrie depuis 2015, sous le règne de Djamel Ould Abbes, à l’ombre de son ancien président d’honneur, Abdelaziz Bouteflika.
Et c’est ce dernier que l’ancien dirigeant du parti, Abdelkrim Abada, a descendu en flamme hier, l’accusant, dans une déclaration publique, d’être à l’origine de ce que vit actuellement le FLN : «C’est Monsieur Bouteflika qui a mené le FLN à sa perte. Il s’est vengé du parti parce que nous l’avions exclu du parti en 1980. Voilà comment on en est arrivés là», a-t-il dénoncé. Et d’expliquer que «le travail sale, ce sont les dirigeants précédents qui ont ramené ces pratiques.
De Belkhadem à Saidani à Ould Abbes, ce sont eux qui ramenaient des enfants, des gens de la rue, des gens de la drogue, ils louent pour remplir les salles en organisant des carnavals et ils disent que c’est un congrès». Cette nouvelle sortie du tonitruant Abada n’a rien de naïf, à deux jours de la deuxième tentative du FLN de réunir son comité central pour élire un secrétaire général. Par ailleurs, le RND continue de vivre au rythme de la protestation interne visant le secrétaire général, Ahmed Ouyahia.
Hier, l’aile de Seddik Chihab est revenue à la charge en tenant un rassemblement devant le siège national à Ben Aknoun. Une centaine de militants de ce parti, selon des témoins, se sont, en effet, rassemblés hier matin devant le siège du parti, arborant des banderoles et pancartes aux slogans très virulents à l’égard d’Ahmed Ouyahia. Les anti-Ouyahia, qui ont récidivé hier, seraient galvanisés par la convocation à comparaître adressée par le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed à Ahmed Ouyahia, prévue pour après-demain.
La convocation d’Ouyahia au tribunal Abane Ramdane porte sur des soupçons de «dilapidation des deniers publics» et «octroi d’avantages indus à des tiers».
M. A. T.

