Chemini – revoilà la pénurie du lait en sachet !

Devant de nombreux points de vente du lait en sachet, il devient presque banal de voir des files interminables de clients prendre leur mal en patience pour en acheter quelques-uns. Ainsi, les consommateurs font la queue dès les premières heures de la matinée dans l’espoir de glaner quelques sachets de lait. Profitant de cette pénurie, des commerçants sans vergogne le proposent à 30 DA le sachet depuis des années, a-t-on constaté.

Et pour ne pas arranger les choses, les vendeurs imposent l’achat d’un sachet de petit lait aux consommateurs, qui ne savent plus où donner de la tête. Chez les épiciers, on affirme que les distributeurs leur livrent des quantités réduites en deçà de leurs besoins et leur vendent du lait de vache en sachet au prix de 60 DA l’unité que personne ne veut acheter. C’est à prendre où à laisser !

Mais c’est le consommateur qui affronte cette situation, alors que le produit est soutenu par l’État, mais aussi en effectuant le parcours du combattant pour arriver à acquérir cette denrée devenue rare. «Nous sommes contraints d’acheter un sachet de petit lait pour avoir droit à quatre sachets de lait pasteurisé», ont indiqué des clients rencontrés sur place. Nonobstant la disponibilité dudit produit, où la livraison se fait pratiquement au quotidien, la pression sur le lait ne baisse pas d’un cran. Les files d’attente sont omniprésentes.

«Nous ignorons ce qu’ils font avec ce liquide», a ironisé un épicier. Même si du côté des producteurs, on persiste à parler d’une production suffisante, le citoyen continue à «quémander» pour acheter un litre de lait. Et pourtant, la wilaya de Béjaïa dispose de plusieurs laiteries, à l’image de «La vallée», «Ramdy», l’unité de production d’Amizour. Ainsi, des pères de famille sont les premiers à pointer devant les commerces très tôt le matin.

D’ailleurs, ceux qui ont des familles nombreuses n’hésitent pas à impliquer leurs enfants, les réveillant tôt, pour tromper la vigilance de l’épicier qui donne quatre sachets de lait et un autre de lait caillé ou de petit lait par client par souci de les servir tous. «Nous n’avons pas d’autre choix que de l’acheter. C’est le rôle des services concernés de combattre les pratiques illégales de ces commerçants», a indiqué, dépité, un père de famille.

Bachir Djaider