Les constructions érigées sur la zone dite «rouge» de la ville d’Aïn El Hammam sont-elles condamnées à être détruites ? C’est la question que les habitants de la commune se posent. En effet, la démolition des bâtiments menaçant ruine, sis au niveau du marché, n’est pas encore terminée qu’un autre immeuble vient d’être ébranlé. Jeudi dernier, en effet, dans l’après midi, les services de sécurité et la protection civile ont été appelés sur les lieux pour constater un mouvement de terrain qui venait d’affecter un bâtiment de la cité CNEP/ APC. Ce dernier, situé face aux constructions en phase de destruction, actuellement, venait de subir un décalage de quelques centimètres par rapport à son voisin.
Des fissures sur les murs sont visibles à partir de la rue. Un autre spectacle pour les badauds qui ne cessaient de nous montrer les indices prouvant que les habitations sont affectées. Un habitant des lieux nous emmena une cinquantaine de mètres plus loin, du côté haut de la cité, pour nous indiquer que deux bâtiments mitoyens ne cessent de s’écarter l’un de l’autre «depuis longtemps déjà», nous dit-il. Du coup, les langues se délient et les citoyens indiquent que d’autres lézardes sont apparues en d’autres endroits, au niveau des murs de soutènement.
Un ancien employé de l’APC, chargé des travaux de la voierie, nous dit, quant à lui, que «le problème de la stabilité de Michelet dépend de son réseau d’assainissement, aujourd’hui inopérant. Les rejets de la plupart des constructions jouxtant la rue Colonel Amirouche ne sont pas reliés aux regards collecteurs. Les eaux usées, ne trouvant pas de sortie, creusent le sol et créent des vides qui, de la sorte affectent les bâtiments, pour arriver à la situation que l’on connaît actuellement. » Les résultats de l’étude du terrain, commandée à une entreprise étrangère au coût de plusieurs milliards, ne sont pas encore divulgués. Il semblerait que le dossier ne soit pas mis à la connaissance du public. Une affaire à suivre. Pendant ce temps, les engins de travaux publics en action en contrebas ont fini de mettre à terre un immeuble et se préparent à s’attaquer au second.
La vingtaine d’appartements et de locaux encore debout, il y a une dizaine de jours, ne sont plus que ruines. Les gravats de béton et de brique sont pour le moment stockés sur l’aire du marché en attendant leur enlèvement. Ces quantités énormes de déchets inertes remettent encore au goût du jour l’inexistence d’une décharge communale pour les y acheminer. L’entreprise chargée des travaux devrait trouver un endroit approprié, à cet effet. Le feuilleton n’est pas encore terminé. Nous y reviendrons en temps utile.
A. O. T.

