Le projet du siège de la sûreté semi-urbaine est à l’abondan. Depuis son achevement depuis près d’une dizaine d’années, il est laissé pour compte. Cette bâtisse aux couleurs de la police nationale se dégrade de jour en jour. Il n’échappe à personne de constater les dégradations subies: murs d’enceinte dépeints, vitres brisées, portail défoncé… « Notre chef-lieu vit dans une anarchie totale. Nous n’avons aucune autre structure de sécurité.
Dès que la nuit commence à tomber, il faut vite rentrer chez soi car les délinquants sont aux aguets. A partir de vingt heures, du vacarme nocturne emplit ce chef-lieu communal. Quant aux vols, ils sont quasi-quotidiens si bien que les commerçants dorment dans leurs locaux », s’indigne un résident de l’immeuble en face de l’ex siège APC. « Nous avions réclamé sa mise en service.
D’ailleurs, tous les maires qui se sont succédé à la tête de cette APC depuis 2012 n’ont pas cessé de demander sa mise en service. Le prétexte trouvé serait que la municipalité ne dispose pas un célibatorium pour abriter les policiers. Il fallait quand même penser à ce problème avant de lancer le projet. L’ex wali en visite dans notre commune avait promis des chalets en attendant de trouver une solution au problème, en vain », explique un ex élu de l’exécutif communal (2012-2017).
De leur côté, les commerçants se plaignent aussi de cette insécurité. « Même pendant la journée, nous avons peur d’être braqués. Il faut savoir que notre chef-lieu communal est traversé par un important axe routier (RN 25). C’est à dire des centaines de véhicules transitent par notre ville. Puis, il y a aussi des malfaiteurs qui agissent à la faveur de l’obscurité. Moi, j’habite en dehors du chef-lieu.
Tout de même, je passe quelques nuits dans mon magasin. Même si on est agressé, on ne peut appeler aucun service de sécurité », dit un gérant d’une épicerie d’alimentation générale. Par ailleurs, il nous a été signalé que les vols de sacs d’olives se sont multipliés dans les villages. « Notre commune est dépourvue de tout corps de sécurité à l’exception du détachement militaire.
Et les soldats ne sont pas censés s’occuper de ces délits parce qu’ils ne relèvent pas de leur mission. Nous appelons les autorités locales à trouver un moyen pour exploiter cette seule unité de sécurité existante dans notre chef-lieu communal. Par exemple, à Ain Zaouia, une commune voisine à la nôtre, depuis la mise en service de la sûreté semi-urbaine, la situation sécuritaire s’est nettement améliorée et les habitants vivent dans la quiétude. Pourquoi ne pas faire la même chose pour notre commune? » s’interroge un membre d’un comité de village. C’est dire que ce service urge dans ce chef-lieu communal où l’insécurité règne depuis des années notamment depuis le démantèlement du détachement de la garde communale en 2011.
Amar Ouramdane

