Par DDK | 17 Mars 2005 | 950 lecture(s)

«Les candidats et les élus n’ont pas voté»

A l'image de la majorité des autres circonscriptions électorales de la Kabylie, le taux de participation au vote est très insignifiant sinon nul et il ne résulte pas du boycott ou de l'abstention comme il a été faussement prétendu, mais plutôt d'un empêchement violent prémédité.Dans l'impunité totale, les électeurs ont été menacés, chassés ou agressés dans l'enceinte même des bureaux de vote. Les véhicules de certains d'entre eux ont été endommagés par des hordes de jeunes en furie. Les candidats aux élections APC-APW ont été menacés et terrorisés et n'ont pas pu accomplir leur devoir électoral. Pire, l'on refuse même d'enregistrer les plaintes des victimes et aucun agresseur n'a été interpellé ou appréhendé.Au vu et au su de tout le monde, l'administration a abandonné sciemment les bureaux de vote à la vindicte des émeutiers. Ces derniers, pour la plupart des jeunes encadrés par des repris de justice commandités, se sont substitués à l'autorité publique et ont fait leur loi sans aucune inquiétude. L'insécurité totale a régné dans la ville durant toute la journée du 10 octobre 2003.A la fin de cette journée électorale, presque la totalité des urnes des bureaux de vote, installés à travers la commune, ont été, soit saccagées, incendiées ou emportées carrément avec les bulletins de vote qu'elles renfermaient. Finalement, sur 24 urnes existantes, 21 urnes ont été saccagées. Sur 17 000 électeurs inscrits, plus de 16 000 ont été empêchés de voter, les urnes étant brûlées.Plus grave, il n'y a pas que la population d'Azazga qui a été empêchée de voter et l'autorité de la wilaya est au courant de cette situation catastrophique. Le chef de la daïra, le secrétaire général, les fonctionnaires de toutes les administrations publiques, les fonctionnaires de police, de la sûreté de daïra et de la Protection civile n'ont pas voté. Leurs urnes respectives sont saccagées ou emportées par les émeutiers.Encore pire, les élus en place APC-APW, les candidats des différentes listes APC-APW, y compris ceux qui sont déclarés indus élus par la suite, moi-même par exemple, ainsi que le président et les membres de la commission électorale communale, n'ont pas voté. Les urnes des bureaux de vote sont également incendiées. Ce saccage ne permet pas aux candidats aux élections de déposer leurs réclamations comme prévu par la réglementation électorale.Curieusement, sur les 24 bureaux de vote mis en place dans la commune, 3 bureaux seulement ont été sécurisés, spécialement au village pourtant extra muros de la tête de liste du parti au pouvoir à cette époque. Les quelques suffrages récoltés dans ces trois bureaux de vote privilégiés dont une bonne partie provient du bourrage, ont permis à l'administration de concocter et d'arranger à son gré le résultat convenu : 9 élus ou plutôt indus élus pour la liste du parti au pouvoir agrémentée et légitimée par 2 indus élus du parti adverse pour mieux dissimuler la fraude. C'est une supercherie électorale caractérisée contre la volonté populaire.En dépit de l'empêchement du scrutin par la violence et la terreur, du saccage et du pillage de presque la totalité des urnes devant les policiers et malgré que plus de 16 000 électeurs sur 17 000 inscrits ont été chassés et agressés dans l'enceinte même des bureaux de vote, l'administration a validé la mascarade électorale. Elle a validé la violation de la loi. Elle a validé des indus élus contre la volonté des citoyens.Elu indûment par cette supercherie, j'ai personnellement adressé un recours à l'instance concernée pour demander l'annulation de ces résultats éhontés et ce avant leur validation. J'ai rejeté fermement cette fraude et je n'ai jamais accepté d'être installé ou de siéger à ce jour au sein de cette assemblée populaire communale illégale.La responsabilité de cette infamie n'incombe pas uniquement à l'administration qui a subtilement manipulé le scrutin et validé irrégulièrement la supercherie. Elle n'incombe nullement aux délégués du Mouvement citoyen qui n'ont fait que proclamer le boycott pacifique des élections. Elle incombe surtout aux partis politiques du bastion qui ne cessent de se moquer de la population en s'échangeant les rôles tantôt participation, tantôt boycott au gré des vents à chaque échéance électorale. Ils mettent dans l'embarras les habitants de cette localité et perturbent la vie harmonieuse des citoyens.En effet, l'un des deux partis politiques se considérant démocratique et défenseur des droits de l'Homme, aujourd'hui partie prenante des présidentielles, était derrière l'empêchement violent du scrutin d'octobre 2003 et des législatives de la même année. Il a été aidé en cela par le mouvement séparatiste de la région. Actuellement, ce parti politique paye à son tour les frais de ses agissements condamnables.L'autre parti politique pourtant réputé par le passé pour ses positions lucides et ses valeurs démocratiques, notamment de justice et de transparence, a compromis son image et sa crédibilité qui ont rayonné au-delà des frontières. Il a osé accepter les résultats d'une fraude caractérisée. Il a accepté dans ses rangs des indus élus rejetés par les citoyens alors qu'il a dénoncé et condamné auparavant des indus élus issus des élections législatives qui se sont déroulées dans les mêmes circonstances. Ce grand parti politique respectable qui se cramponne sur ces indus élus contestés par la population, a-t-il peur de retourner aux urnes sachant que plus de 30 communes sont actuellement dirigées par des secrétaires généraux de commune dans la wilaya ?Quant au mouvement séparatiste, il continue lâchement de croire à la division du pays et rêve certainement d'implanter sa nouvelle capitale à l'oued Boubhir. Durant les élections, les adeptes de ce sinistre mouvement ont versé tout leur venin sur notre commune et il sont à l'origine de tous les malheurs qui ont frappé notre population. Un de leurs acolytes, membre actif pour l'empêchement du scrutin n'est autre que le fils d'un indu élu des 3 bureaux de vote suscités.Désormais, l'honorable population de la commune d'Azazga n'est pas dupe. Elle saura faire la différence entre les authentiques patriotes qui travaillent honnêtement pour le bonheur des citoyens et les parasites machiavéliques, opportunistes et démagogues. Elle saura séparer le bon grain de l'ivraie.Concernant les indus élus validés au mépris de la volonté populaire et des dispositions de la loi électorale, personnellement, j'ai rejeté fermement cette validation illégale et illégitime en temps opportun et dès le 11 octobre 2003.Par respect à la population de la commune d'Azazga et des autres candidats en lice pour cette élection, je n'ai jamais accepté d'être installé ou de siéger, à ce jour, au sein de cette APC indue élue.Cependant, ceux qui ont validé les résultats d'un scrutin hors-la-loi doivent répondre de leurs actes ou tout au moins démissionner par patriotisme comme l'avait suggéré le président du Conseil constitutionnel. Sinon, M. le Premier ministre pourrait aussi les révoquer au même titre que les indus élus validés révoqués.

Bouadi Mustapha Ex-président d'APC

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