Pour peu que les pouvoirs publics prennent le taureau par les cornes, la gare routière verra le jour dans un avenir proche, dans une configuration résolument moderne, à l’emplacement de l’ex-briqueterie plus connue sous le nom de Tulestal et que les riverains évoquent non sans nostalgie car elle a procuré des décennies durant, job, pain et sécurité à des milliers d’ouvriers. Les études, déjà confiées à un bureau d’architecture réputé pour son sérieux et la qualité de son travail, fait état d’un projet grandiose consistant en l’érection d’une station internodale regroupant transport terrestres, de personnes et de marchandises et transport sur rail. Même si le déplacement de l’actuelle gare ferroviaire, l’historique située à deux pas du port, n’est pas acquis, l’espoir reste notable quant à la réunion, en un même et seul endroit, des deux moyens de transport terrestres, concurrent certes, mais à combien complémentaire. L’idée d’un système englobant chemin de fer et route pour séduisante qu’elle est n’en est pas moins parfaitement crédible et pourrait même contribuer à désengorger sérieusement la RN26, arrivée à un point de saturation tel qu’il faut des heures et des heures pour franchir une poignée de km. le ferroutage, sur les rails, passez moi l’expression, en Europe peut très bien marcher dans nos contrées…Ce projet d’une gare inter-nodale s’inscrit en fait dans un vaste et global plan d’aménagement de la ville. Il vise à regrouper, dans un rayon limité, les moyens d’accès à la capitale hammadite, qu’ils soient terrestres, aériens ou maritimes. La réalisation d’une gare maritime, au niveau de l’arrière-port, à proximité du complexe industriel Cevital, mettrait cette structure à quelques minutes de la nouvelle gare routière. L’unique avantage dont bénéficirait la cité et dans le désengorgement définitif de l’ancienne ville et même de la nouvelle à travers la fin des méga « go slow » ou bouchons, que chaque arrivée d’un ferry provoque immanquablement non seulement aux alentours immédiats de l’enceinte portuaire, mais bien plus loin. L’aéroport international Abane-Ramdane n’étant pas très loin des chemins, toutes les commodités se rapportant à l’arrivée ou au départ des voyageurs et marchandises seraient confinées dans un périmètre offrant le double avantage de la proximité en plus de celui d’offrir un accès rapide aux localités de la wilaya et aux autres wilayas. L’autre segment pouvant améliorer davantage la fluidité de la circulation est représenté par le gigantesque ouvrage d’art, bâti sur pilotis à partir de Mellala et devant enjamber la Soummam pour aboutir à hauteur de la RN9 menant à Kherrata, Sétif…Les poids lourds véritables terreurs des routes, n’auront ainsi plus à traverser l’agglomération. Les travaux de cette importante voie d’évitement piétinent et l’ensemble offre l’aspect d’un projet abandonné, triste et malheureux en même temps, à l’heure où la manne n’a jamais été aussi importante force est de constater une incapacité chronique à mener à terme un projet d’envergure certes, mais parfaitement dans les cordes de nos grosses boites de TP. Ces lenteurs et retards que le citoyen a du mal à cerner ne sauraient s’accorder avec la dynamique insufflée par les pouvoirs publics à travers la mise sur les rails d’un vaste et ambitieux plan de relance économique. La visite du ministre en charge de ce dossier dès samedi prochain contribuera, et c’est une certitude, à dépoussièrer ce projet en levant les contraintes. Le train du développement n’attend pas et la manne n’est pas éternelle !
Mustapha Ramdani
