Par DDK | 9 Avril 2005 | 286 lecture(s)
Benachenhou s’attaque à la Santé
Intervenu hier à l’occasion de la tenue de la conférence euro-méditérranéene sur la santé, Euromed 2005, le premier argentier du pays, Abdelatif Benachenhou, s’est montré très contrarié quant à la gestion du secteur de la santé. Ses critiques exprimées à l’encontre des responsables de ce secteur ont été, le moins que l’on puisse dire, acerbes. Son intervention a apporté plus de points négatifs que positifs. Manque d’organisation et d’efficacité, notamment au niveau des plateaux techniques, mauvaises conditions d’accueil et de séjour des malades, une industrie pharmaceutique embryonnaire et massivement importatrice, longues files d’attente au niveau des secteurs sanitaires, l’informel, c’est en somme les anomalies citées et déplorées par le ministres des Finances qui s’est attardé sur le thème : " Le financement de la santé ". D’après lui, le rendement est faible en dépit des moyens importants engagés. Il a ainsi rappelé que la part du budget de fonctionnement est passé de 6.5% en 1999 à 8.2% en 2005. Les crédits budgétaires sont passés de 56.3 à 114.4 milliards de dinars, soit une augmentation de 12.5 %, toujours durant la même période. Quant aux dépenses inhérentes au secteur de la santé, elles représenteraient, toujours selon le ministre des Finances, 7.9 % du PIB. L’interlocuteur a également fustigé le cumul des dettes. Pour reprendre ses dires, " l’endettement structurel des hôpitaux constitue une préoccupation majeure pour l’Etat ". Là aussi, il estime que le problème réside dans la mauvaise gestion du système public de santé et non pas au manque de budget. Preuve à l’appui, il a indiqué qu’outre le budget consacré à ce secteur, un processus de désendettement a été mis en place depuis 2002. Pour pallier ce problème de dette, il a été octroyé sous forme de dotation plus de 7.7 milliards de DA, et ce, durant la période allant de 2001 à 2003, et 3.2 milliards de DA au cours de l’activité 2004. L’interlocuteur a également souligné qu’une enveloppe de 400 milliards de dinars a été dégagée en guise d’apurement des dettes liées aux médicaments. Sur ce dossier bien précis, M. Benachenhou a interpellé le ministre de la Santé pour revoir la politique des médicaments de façon à réduire efficacement les factures inhérentes à l’importation. " En dollars, la facture s’est accrue de 85% entre 1999 et 2004 ". Rappelons que la facture relative à l’importation des médicaments avoisine le milliard de dollars. Comme suggestion, le ministre des Finances a préconisé de consolider en préalable les relations entre le secteur de la santé et les autres partenaires concernés, à savoir les caisses d’assurances sociales, les collectivités locales et surtout avec la population. Il a, également, mis l’accent sur la nécessité de promouvoir et de diversifier les ressources de financement de la santé à travers l’encouragement du secteur privé en ouvrant les portes au partenariat. Il juge également urgent et impératif d’accélérer le système de contractualisation (santé- CNAS) car ce dernier " permettra de favoriser l’activité et non plus l’établissement. " M. Benachenhou estime que l’opération de contractualisation, mise en vigueur depuis le début de l’année 2005, est en stand by. " Cela fait des mois qu’on entend parler de ce processus sans pour autant le voir appliqué sur le terrain. Les deux parties concernées ne semblent pas être prêtes", a t-il dit. Chose démentie par le ministre de la Santé, le Pr Redjimi, qui a souligné, dans la foulée, que tous les éléments appropriés ont été réunis pour le lancement de l’opération. Lui emboîtant le pas, son confrère du ministère du Travail, M. Louh, a indiqué que la sécurité sociale est fin prête avec les fichiers de tous les assurés. " Nous avons recensé pas moins de 7,8 millions d’assurés et ayants droit ", a dit M. Louh. La contractualisation veut-elle dire la fin de la gratuité de soins ? En répondant à cette question, le Pr Redjimi a précisé que ce processus constitue " une nouvelle modalité de gratuité ". Concernant la rumeur sur la pénurie de médicaments, ce dernier a catégoriquement démenti ce fait. " Il n’ y a pas de manque de molécule mais de marque ", a-t-il conclu.
Wassila Ould Hamouda






