l » Les besoins de l’Afrique sont tellement énormes que tous les acteurs qui contribuent au développement de ce continent sont les bienvenus. » Cette déclaration faite jeudi dernier par M. Louis Michel, commissaire européen à l’aide au développement, renseigne sur la disponibilité de l’Union européenne à coopérer avec tout pays qui s’engagerait à investir en Afrique.
L’occasion de cette conférence intitulée » Partenaires en compétition, UE, Chine, Afrique « , a été saisie par M. Michel pour exprimer la volonté de l’UE de renforcer sa coopération avec la Chine dans leur engagement en Afrique et saluer les paris relevés par la Chine balayant les idées reçues en rejetant » l’afro pessimisme « . Ce pays qui a reconnu depuis le début de ces relations économiques avec l’Afrique, et avant tous les autres pays, le formidable potentiel de l’Afrique, contribue considérablement à la croissance économique du continent qui s’élève à plus de 6% par an, depuis des années.
» L’effet Chine » a selon le représentant de l’UE, concouru à la croissance du continent noir à travers deux points essentiels d’un côté la présence chinoise en Afrique et la coopération économique directe sino-africaine et d’un autre, l’envolée des prix des matières premières agricoles et halieutiques dont la Chine est devenu le premier acheteur.
Admettant que Pékin poursuivrait des intérêts économiques, diplomatiques et stratégiques légitimes et non sujets en soi à critique, le responsable européen relèvera que l’Afrique formule tout de même, quelques questionnements et inquiétudes vis-à-vis de l’engagement chinois. Il expliquera que cette situation est due au manque d’information et à la mauvaise compréhension de la stratégie de la Chine et soulignera que l’important, demeure de mettre en place des stratégies gagnant-gagnant.
Tout en se refusant à donner des leçons de morale à ce géant asiatique, le Commissaire européen conviendra que l’Europe longtemps dissimulée derrière une fausse conscience idéologique a depuis toujours développé une coopération unilatérale, asymétrique dans laquelle elle a pris plus qu’elle n’a donné. Une époque qui devrait désormais être révolue et une situation à ne plus jamais rééditer dans les relations bilatérales, pour laisser enfin place à une nouvelle conception de partenariat d’égal à égal en droits et devoirs. Le commissaire européen lancera un appel à l’adresse de l’Europe pour associer la Chine aux règles de l’aide au développement il recommandera de multiplier les rencontres sino-européennes pour mieux coordonner cette coopération et développer de nouvelles approches.
Le développement durable, le principe de l’appropriation, la bonne gouvernance, les transferts technologies de l’information et de la communication, la construction des réseaux d’inter connectivité africaine devraient constituer les paramètres de base de la coopération entre l’Afrique et son premier ainsi que son troisième partenaires économiques à savoir l’Union européenne et la Chine, conclura M. Michel.
H. Hayet
