l Située sur un plateau, encadrée par deux chaînes de montagnes et face au fameux Bouzegza, la région de Lakhdaria, souffre autant l’été que l’hiver, où dans cette dernière saison, les nuits sont glaciales. Bravant le froid nocturne des longues nuits, une femme, une inconnue, probablement de Maâlla, commune limitrophe, seule dans cette nature impitoyable, passe, à même le sol, ses nuits à la belle étoile, emmitouflée dans des couvertures remises par une âme charitable. En élisant domicile, dans un coin, à l’entrée ouest de la mosquée « Malek Ibnou Nabi », cette bonne femme, d’âge moyen, vit en SDF, dans ce lieu, à côté de la maison de Dieu, comme si, cette proximité sacrée, lui attirerait les regards et pourquoi pas la compassion des nombreux fidèles dont certains, notables, fortunés et influents, porraient lui venir en aide et même, peut être, lui offrir un abri, la mettant de ce fait, hors de portée de la baisse de mercure, qui descend parfois à zéro degré. La solidarité a-t-elle vraiment disparue dans une ville, telle Lakhdaria, qui de tout temps, était à l’avant-garde, dans toutes les opérations de solidarité, tant au niveau local que national ? Il est, en même temps, une question que l’on est en droit de poser. Cette oubliée, abandonnée à son sort en pareils saison et climat, est-elle en droit d’être laissée-pour-compte et dans le cas extrême, périr ? N’y a-t-il pas un texte juridique qui punit une personne n’assistant pas, une personne en danger ? Il en est de même pour les 4 ou 5 personnes, malades mentales, qui errent à travers les artères de la ville, malgré l’existence d’un hospice pour vieillards, rue Abane Ramdane, une institution dont le rôle n’est plus à démontrer, gérée par l’APC avec une subvention annuelle sur le budget de wilaya ne pourrait-il pas prendre en charge, ces rejetés de la société. En nous rendant au siège de l’APC pour en savoir d’avantage sur ces malheureux, l’on apprend de la bouche du vice-président chargé du social, que la femme en question a bien été emmenée, à plusieurs reprises à l’hospice mais vu son refus insistant à y être hébergée, elle a quitté ce logis pour réintégrer la rue. Concernant les malades mentaux, originaires pour la plupart des communes limitrophes, leur évacuation vers les hôpitaux psychiatriques de Tizi Ouzou ou de Blida par les APC des communs d’origine est vivement souhaitée. Mais en attendant, les beaux jours, la vie continue.
Ath Mouhoub
