Par DDK | 16 Juillet 2005 | 4469 lecture(s)
Béjaïa détient la palme des intoxiqués
Les intoxications alimentaires constituent un problème de santé publique avec des impacts considérables sur le plan économique, surtout durant la saison estivale où les grands taux de mortalité sont atteints. Bien que des efforts importants soient fournis et que de nouvelles dispositions et mécanismes soient mis en place, 3 000 à 4 000 cas de toxico-infections alimentaires sont signalées depuis une dizaine d’années. Un chiffre qui pourrait être multiplié par 3 ou 4 du fait qu’il n’y a que les cas d’hospitalisation et de consultations médicales qui sont déclarés et notifiés par les services concernés. Lors d’une journée d’information organisée hier au ministère de la Santé avec le concours des secteurs du commerce et de l’agriculture, il a été procédé à l’analyse des causes, symptômes et moyens de prévention et de traitement de cette pathologie qui se place à la tête des maladies d’origine digestive.Durant le premier semestre de l’année en cours, 1 541 de cas de toxico-infections alimentaires ont été signalés sur tout le territoire national mais heureusement sans aucun décès. Un carton rouge est à décerner à la wilaya de Béjaïa qui a enregistré le taux le plus élevé, avec 689 cas, dont l’écrasante majorité (655 cas) est survenue à Guendouza, au début de l’année, pour consommation d’eaux non traitées, alors que le autres ont eu lieu dans un établissement scolaire ainsi que dans deux résidences universitaires (la Pépinière et Aamriou).Cette pathologie s’est développée à grands pas en raison de la prolifération de la restauration collective, de la libre circulation des denrées alimentaires et aussi du développement de l’industrie agroalimentaire celle-ci s’est aggravée à cause de l’absence et du non-suivi d’impératifs d’hygiène et de sécurité alimentaire. Au niveau des ménages, qui sont la cause de plus de 40% des intoxications alimentaires, le changement des habitudes culinaires, la technique de préparation et la conservation des denrées alimentaires sont derrière l’amplification de cette pathologie dans le milieu familial. Les restaurants collectifs à caractère commercial et les établissements scolaires et universitaires sont à incriminer à des taux respectifs de 16,27% et 10,85%.Comme la sécurité de la qualité de l’aliment est un enjeu majeur en termes de santé publique, elle nécessite l’implication de tous les services concernés et l’élaboration d’une stratégie sectorielle adéquate. En ce sens, le docteur Rachid Bouguedour, de la direction des services vétérinaires, affirmera que la sécurité des aliments doit-être assurée tout au long de la chaîne alimentaire, de la production des matières issues de l’agriculture et de l’élevage jusqu’aux aliments présents dans l’assiette du consommateur. Il dira que l’augmentation de l’activité aussi bien sur le plan national qu’international, notamment en matière d’importation, met en première ligne, des services qui ont vu un accroissement considérable des activités de contrôle vétérinaire. Il fera savoir qu’au cours de l’année 2004, 238,42 tonnes de viandes rouges et près de 1000 tonnes ont été saisies et le contrôle à l’importation des produits laitiers et des viandes rouges et blanches d’importation estimé durant la même période à près de 800 millions de dinars.
H. Hayet






