L’ambiance était ordinaire, morne par endroits, avant-hier, à Ouzellaguen. La population avait vaqué à ses quotidiennes besognes et ce, tout au long de la journée du référendum sur la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Circulation amoindrie sur la RN 26, quelques posters du Président affichés sont collés ou accrochés çà et là, suffisamment hauts pour échapper à la fougue des adolescents et autres mains d’avis contraire, faisait office de décor minimum, faute d’une vraie campagne. Même si, dans les rues et les cafés qui grouillaient de monde, le sujet faisait la « une » des langues, l’affluence vers les urnes n’était néanmoins pas à la mesure des débats entre opposants et partisans du projet du Président. Dans la matinée, jusqu’au soir, on observait d’un œil indifférent les quelques électeurs qui franchissaient, timidement mais librement, les portes des bureaux de vote. Une journée qui s’est déroulée donc dans le calme total, en dépit des troubles signalés à Takerietz (commune de Souk Oufella), à quelques kilomètres seulement d’Ighzer Amokrane, chef-lieu du douar Ouzellaguen. Et, la veille, où de nombreuses affiches ont été placardées appelant au boycott, de la part du FFS, et à la grève générale par les Archs. Des appels qui n’ont connu aucun écho, car les différents commerces étaient ouverts, les citoyens s’y rendaient comme d’ordinaire, et les résultats du scrutin ont enregistré une victoire « sans surprise du oui », assure-t-on. Ce n’est que dans l’après-midi, à la sortie du travail, que le plus grand nombre de votants sera noté, mais sans pour autant se bousculer au portillon ou se ruer vers les bureaux de vote. Dans la soirée, à l’intérieur de la mairie, et après quelques malencontreuses tracasseries de comptabilité, un taux de participation de 7,11 % sera arrêté, avec 620 voix pour le oui, et 118 pour le non. L’atmosphère, ainsi, a été loin de celle des municipalités d’octobre 2002 et plus proche de la présidentielle d’avril 2004. Indécision, indifférence ou démobilisation, ou un peu des trois, les rendez-vous électoraux et autres manifestations ont tendance à avoir de moins en moins d’échos chez une population qui a l’air de douter de tout.
S. A. B.
