Les rejets d’assainissement du chef-lieu de la commune de Saharidj, lâchés à quelques encablures à la sortie Sud et drainés à partir d’Ighzer N’Tamlouts sur environ 6 km pour déboucher à Ighzer N’Sed, récoltent, au passage, ceux d’Allaouche et une partie d’Ath Ivrahim.
C’est à partir d’Ighzer N’Sed que commencent les captages, à base de tuyaux en PVC de gros diamètres, et c’est de là et avec des eaux usées, que sont irriguées des dizaines d’oliveraies dont la surface varie entre 2 et 5 hectares, sur une distance de 3km, longeant Ighzer N’Sed, Thamourth Ouzemour, Amara jusqu’à Assif N’Sahel où se jette le reste du débit de ces rejets. Tout au long de ce ruisseau pollué ce sont des dizaines de branchements qui s’alignent des deux cotés des berges et qui fonctionnent H24 durant toute l’année. Chacun de ces branchements, d’un genre particulier, dessert 3 à 4 oliveraies dont les propriétaires s’associent pour l’achat de la tuyauterie, assez coûteuse, l’installation de l’ouvrage et son exploitation à tour de rôle. Il arrive, même bien souvent, qu’en période sèche, lors de la baisse du débit de ce ruisseau, n’éclatent des litiges entre les utilisateurs quand des cas de piratage sont découverts. Ce qui souligne, on ne peut mieux, l’attrait qu’a cette eau polluée que se disputent les propriétaires d’oliveraies. Même si cette eau usée perd un peu de sa pollution au cours de son parcours de 4km avant que ne commence son exploitation, elle demeure cependant toujours impropre et comporte des risques, notamment concernant l’irrigation des jardins où sont cultivés des légumes, sachant que l’olivier a son propre système de filtrage qui réduit l’absorption des matières toxiques contenues dans ce cours d’eau. Ce phénomène a conduit les services de l’hydraulique à réaliser, en 2004, une petite station d’épuration à la périphérie de Saharidj. Malheureusement, cet ouvrage n’a pas servi plus d’une année, puis a commencé à déborder de toutes parts et devenir inutile. Chose dénoncée à maintes reprises en son temps dans ces mêmes colonnes. Plus grave encore, le réseau principal d’AEP de M’Chedallah longe cette station détériorée par sa partie inférieure. Sur un autre volet, ce rejet d’assainissement, lâché en pleine nature, a provoqué d’effroyables érosions sur son trajet, à commencer par le lieudit «Thivhirine», à quelques 400 m à la sortie sud de Saharidj, où le violent cours d’eau a façonné de spectaculaires cascades après avoir profondément creusé la terre meuble. Un écoulement qui a provoqué en parallèle, de véritables falaises qui se rapprochent dangereusement de la route secondaire qui relie Saharidj à M’Chedallah via Ath Ivrahim, sur laquelle commencent à apparaître des fissures. Plus loin, à Thaqidhount, ce sont des oliveraies qui font les frais de ce cours d’eau torrentiel à cause de la gravitation et des crues hivernales, chaque hiver, il grignote sur ces surfaces plantées emportant des parcelles entières et des oliviers avec. Les dégâts les plus effroyables sont enregistrés au niveau d’Ath Ivrahim, sachant que cet impressionnant volume d’eau récolte, sur son passage, les débits de nombreux petits ruisseaux sur la partie ouest de ce village qu’il longe. La nature du sol est argileuse et se désintègre au contact de l’eau, ce sont de phénoménales crevasses qui se sont formées en dessous d’une bonne partie d’Ath Ivrahim, un village réalisé sur une haute colline prise en sandwich entre deux profonds ravins. Là aussi, se sont manifestés d’effroyables glissements de terrains. Un état de fait valable aussi pour Allaouche, qui lui fait face sur l’autre rive, un décor cauchemardesque qui ne semble préoccuper aucune autorité sauf les riverains qui suivent avec angoisse son évolution. Une situation remédiable, pourtant, rien que par la pose de buses et quelques longueurs de corrections torrentielles au niveau des tronçons les plus touchés et les plus proches de ces deux villages qui sont réellement en danger à cause de cet important cours d’eau usée, et cela sans évoquer les odeurs nauséabondes qu’il répand sur son passage et les nuées de toutes sortes de mouches et de moustiques qu’il attire. Notons, pour conclure, qu’au niveau de Thamourth Ouzemour, des tronçons de ce genre d’ouvrage (correction torrentielle) ont été réalisés à titre expérimental. Une expérience concluante et parfaitement réussie, d’autant plus que c’est un ouvrage réalisé à l’aide de pierres disponibles sur place et offertes par dame nature gratuitement. Par conséquent, la réalisation de ce dispositif de sécurité ne nécessite ni de grands moyens financiers ni beaucoup de temps.
Oulaid Soualah
