Évocation Il a disparu le 31 décembre 2009 – Leregretté chanteur Cheik El Mahdi, l’inoubliable

Il y a deux ans, soit le 31 décembre 2009, nous quittait Cheikh El Mahdi, emporté par une longue maladie à l’âge de 64 ans. C’est un chanteur de grande réputation mais qui pouvait faire mieux s’il avait reçu les moyens nécessaires des institutions chargées de promouvoir les œuvres artistiques, témoignent ceux qui l’on côtoyé. Sa famille, ses amis, ses fans n’oublieront jamais cet homme si généreux qui répondait aux invitations des uns et des autres sans exiger un cachet, il chantait juste pour le plaisir d’égayer les jeunes, qui l’écoutaient avec un immense plaisir. Né en 1945 et de son vrai nom Allam El Mahdi, le cheikh a débuté dans la chanson en 1960 c’est-à-dire à l’age de 15 ans en jouant de la flûte. A l’indépendance, il fuit les affres de la vie villageoise pour s’établir à Alger où il a persévéré en apprenant à jouer de la guitare. Féru des grands maîtres du chaâbi comme El Hadj Mhamed El Anka, dont il était un disciple, il s’est fait un nom en côtoyant aussi d’autres chanteurs du Chaâbi comme Boudjemaâ El Ankis, dont il était l’ami. A force de sérieux et de persévérance, son amour pour la passion se mue en une raison de vivre et le cheikh se lance dans le Chaâbi avec un avantage de s’exprimer dans les deux langues (kabyle et Arabe). Il s’est frayé une place parmi les figures de proue du Chaâbi et son nom devenu retentissant grâce à la maîtrise du mandole et à sa voix lyrique, surnommé le rossignol. Comme reconnaissance, Cheikh El Mahdi a été honoré par la direction de la culture de Béjaïa en juin 2009, à l’occasion de la journée nationale de l’artiste. Il faut dire que ce jour-là le cheikh a enflammé une foule nombreuse venue l’écouter à la maison de la culture Taos Amrouche de Béjaïa. Surnommé aussi le chanteur des humbles, durant chaque ramadhan le cheikh était appelé à se produire partout, le plus souvent à la belle étoile et en plein air, pour un auditoire composé de jeunes et moins jeunes. Des galas qu’il animait gratuitement, chose rare de nos jours chez d’autres. Quand son gala est annoncé le cheikh n’a pas besoin de publicité à la radio ou par voie d’affichage, l’information se transmettait de bouche à l’oreille et le jour «J» c’est la ruée vers le lieu du spectacle. Auteur d’un parcours honorable avec à son actif une vingtaine de chansons dont certaines ont été éditées, beaucoup de ses fans qu’ils soient de Seddouk, de Béni Maouche ou d’Ighil Ali ne l’oublient jamais, tant que les chanteurs amateurs de ces contrées reprennent dans chaque gala, ses chansons en guise d’hommage

L. Beddar