L’animation commence…

Contrairement aux années précédentes où la terreur s’abattait sur la ville, en raison des incursions terroristes, le Ramadhan de cette année s’annonce animé et paisible. En effet, peu après la rupture du jeûne, toutes les terrasses des cafés sont prises d’assaut. Quant aux ruelles, elles sont bondées de personnes venues de la périphérie et des villages environnants. De leur côté, les fidèles se hâtent pour trouver une place à la mosquée, pour la prière des Tarawih car le seul lieu de culte est devenu trop exigu pour contenir toute la foule de fidèles. Dans les cafés, en plus de l’animation qu’essaient de créer les gérants (films, chansons… ), les discussions tournent autour des prochaines élections locales qui suscitent des débats interminables. Même les enfants ne sont pas privés de cette animation, pour eux des manèges ont été placés en face du cinéma le Maghreb. Ces petits chérubins s’adonnent à cœur joie à ces jeux qu’ils n’ont pas vu depuis longtemps. La première semaine de ce mois sacré s’annonce plutôt animée. La population attend beaucoup plus la programmation de galas artistique. « Depuis la fin des années 80, on n’a pas vu de chanteurs se produire ici, à Draâ El Mizan. Les autorités ne font rien pour créer cette animation. Et pourtant, un comité de fêtes a été installé mais il est inactif », nous dira un jeune rencontré à la terrasse d’un café au centre-ville. Autre fait marquant pour moi est la présence policière effective. On peut dire que la ville est réellement sécurisée, à telle enseigne, que les citoyens prolongent leurs veillées, jusqu’à une heure tardive. Le Croissant-Rouge a manqué la préparation de sa « meidat » Ramadhan, ses locaux étant toujours occupés par des familles sinistrées. Mais, il y a tout de même lieu de signaler, que le CRA local n’a pas raté de porter secours aux familles nécessiteuses. « Pour la première quinzaine du mois, nous avons distribué cent colis alimentaires composés d’huile, de café, de légumes secs, de margarine et d’autres produits de première nécessité. Les familles sont venues des villages environnants, ainsi que de ceux relevant des autres communes de la daïra, telle Ath Yahia Moussa. Nous comptons rééditer la même opération au courant de la deuxième semaine. D’autres actions seront initiées d’ici la fin du mois », nous a confié M. Salmi Belkacem, président de ce comité. Certes, le premier jour les marchands des fruits et légumes ont essayé de dicter leur loi, en augmentant les prix, heureusement l’offre en produits a dépassé la demande. Cela a permis de baisser les prix. Ce mois de piété et de bienfaisance n’a pas laissé indifférentes les âmes charitables, qui portent secours dans l’anonymat aux familles démunies. Au rythme où vont les choses, on peut dire que c’est un bon début pour un mois qui, soulignons-le, avait perdu tous ses charmes avec l’installation de l’insécurité.

Amar Ouramdane